Le Chlorpyrifos, un pesticide gravement toxique

Les autorités européennes ont cacher son danger !

Un produit phytosanitaire, le chlorpyrifos,fait de nouveau polémique,en raison d’inquiétudes liées à sa toxicité.

On lui attribue en particulier des liens avec des déficits de QI chez l’enfant ! Il est toujours autorisé malgré des études scientifiques accablantes. Son processus de renouvellement dans l’UE arrive à son terme. 

D’après Le Monde“c’est une famille de pesticides qui vole en moyenne 2,5 points de quotient intellectuel (QI) à chaque enfant européen. Il contaminenotre vie quotidienne. D’abord pulvérisé sur les cultures pour éliminer pucerons ou chenilles, le chlorpyrifos poursuit son existence sous la forme de traces dans les oranges, les pommes, la laitue, l’urine des enfants et le cordon ombilical des femmes enceintes.”

Au fil d’un demi-siècle de pulvérisation, les données scientifiques se sont accumulées sur les effets nocifs de cet insecticide. Censé remplacer le DDT et ses effets délétères en 1965, le produit de la firme américaine Dow endommage en fait le cerveau des enfants de manière irréversible.

Les éléments scientifiques sont désormais si accablants que, d’après les informations du Monde, la Commission européenne s’apprête à proposer son retrait du marché. Pourtant, les autorités ont mis près de vingt ans avant d’évaluer les données du fabricant. Des données qui, de plus, étaient erronées.

« On peut se demander pourquoi il n’a pas déjà été interdit, déplore Barbara Demeneix, professeur de biologie au laboratoire Evolution des régulations endocriniennes (CNRS-Muséum national d’histoire naturelle) à Paris. Le chlorpyrifos est toxique pour le système nerveux central, c’est-à-dire neurotoxique, et c’est un perturbateur endocrinien qui agit notamment sur la signalisation thyroïdienne. Il peut donc interférer avec le développement du cerveau. »

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NOUVEAU SCANDALE ! après le Glyphosate voici le Chlorpyrifos Associé notamment à des déficits de QI chez l’enfant, l’insecticide est toujours autorisé malgré des études scientifiques accablantes 18/06source https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/06/17/chlorpyrifos-les-dangers-ignores-d-un-pesticide-toxique_5477084_3244.html

Pubblicato da Tore Torerox su Martedì 18 giugno 2019

Chlorpyrifos : les dangers ignorés d’un pesticide toxique

Par Stéphane Horel Publié le 17 juin 2019
Serres pour toutes sortes de légumes à El Ejido, dans la province d’Almeria (Espagne), en juin 2017. Le chlorpyrifos est couramment utilisé sur ces cultures.

Huit pays européens n’autorisent pas, ou plus, le chlorpyrifos pour un usage agricole. Depuis 2016, la France ne permet plus qu’une exception pour les épinards. Une évaluation de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a conclu à une absence d’effets nocifs dans les conditions d’usage. Mais l’exposition à l’insecticide ne s’arrête pas aux frontières : elle perdure par le biais des produits importés.

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« Neurotoxique et perturbateur endocrinien »

Chlorpyriphos, l’insecticide sur la sellette: mode d’emploi

C’est un insecticide de la famille des organophosphorés, il a remplacé le tristement célèbre DDT dans les années 60 et est utilisé depuis, en agriculture pour lutter contre une série d’insectes du sol : taupins, vers blancs, mouches du chou ou tipules dans des cultures de choux, de radis, de fraises, d’oignons, d’ail, d’asperges. En 2015, 51.700 kg en ont été vendus en Belgique. Mais en 2017, son utilisation aurait été divisée par deux.

Le chlorpyriphos peut aussi se retrouver comme substance active pour d’autres usages, par exemple comme biocide pour désinfecter des locaux contre des invasions de fourmis ou autres insectes, ou dans les colliers anti-puces ou anti-tiques de nos chats, voire des traitements antimoustiques. “C’est la problématique d’une substance comme celle-là, qui est utilisée à large échelle dans le monde entier et dans des domaines variés”,prévient Laurence Janssens, spécialiste de la législation pesticide à l’Université Catholique de Louvain.

L’étude parue dans Le Monde révèle, en tout cas, que 6,2% des aliments végétaux consommés en Europe en contiennent. 1,7% pour la Belgique.

Pulvérisé sur les cultures, cet insecticide laisse ensuite des traces sur les oranges, fraises ou asperges que l’on retrouve au final jusque dans l’urine des enfants ou le cordon ombilical des futures mamans.


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Que risquons-nous, que risquent nos enfants ?

“C’est un neurotoxique, un produit qui agit sur un circuit dans le système nerveux”explique Bruno Schiffers, écotoxicologue : “Il va le bloquer et empêcher les fonctions vitales comme la respiration. Tous les animaux qui en respirent, qui entrent en contact ou qui en ingèrent, peuvent voir leurs fonctions vitales s’arrêter.” Or, nous, êtres humains, utilisons le même genre de circuit dans notre système nerveux.C’est aussi un perturbateur endocrinien qui agit sur la thyroïde et peut donc interférer avec le développement du cerveau.

Des spécialistes du développement du cerveau des enfants ont montré que ce pesticide pouvait faire des dégâts sur leur cerveau, même à faible dose. Pour eux, il ne peut pas y avoir de dose maximale tolérée. Elle doit être de “zéro“. Bruno Schiffers ajoute que “Les mères enceintes qui sont exposées pendant la période prénatale vont avoir des enfants qui ont des cas d’autisme beaucoup plus fréquents que des populations de référence. Cela a été prouvé dans des populations californiennes qui vivent dans des zones où on cultive les agrumes et on pulvérise ce type de produit à large échelle.”

En un demi-siècle d’utilisation, les données scientifiques sur sa nocivité se sont accumulées. La Commission européenne s’apprêterait à proposer son retrait du marché. Mais cela fait 20 ans que les autorités évaluent les données du fabricant. Des données manifestement fausses.

Pourquoi a-t-il fallu attendre 20 ans pour le retirer ?

La substance active, ici le chlorpyrifos, a dû d’abord être autorisée au niveau européen. Ensuite chaque état, sur base de dossiers, en théorie très complets, a évalué la demande d’autorisation de mise sur le marché d’un produit commercial. Chez nous, c’est un comité d’agréation qui a finalement donné son feu vert avec des conditions d’utilisation précises : la culture, l’époque de pulvérisation, les insectes visés, le respect de l’environnement, les mesures éventuelles pour protéger l’agriculteur.

Il a été autorisé en 2006 pour une période de 10 ans avec une réévaluation prévue en 2016. Mais des demandes d’informations ont conduit à une prolongation de la période d’autorisation pour permettre d’analyser les nouvelles données scientifiques jusqu’en 2020.

Mais pourquoi faut-il attendre 20 ans avant que les autorités décident de son retrait ? Laurence Janssens répond : “Il y a toute une série d’impacts qu’il faut constater voire évaluer, il y a de nombreuses études à fournir et une étude, cela prend du temps. Et puis, on se retrouve avec des substances actives qui sont largement utilisées, pas uniquement dans le secteur agricole. Il y a de nouvelles études qui montrent que l’on a retrouvé la présence de cet insecticide à l’intérieur de maisons ce qui génère de nouvelles données à évaluer pour les autorités européennes.”

En attendant, huit pays ont déjà interdit son utilisation. En Belgique, sa vente est interdite depuis janvier 2019, mais les agriculteurs pourront encore utiliser leur stock jusqu’en fin janvier 2020 au plus tard. Quant à l’Europe, aucune interdiction n’a encore été officialisée.