Canada : 215 corps d’enfants retrouvés sur le site d’un ancien pensionnat

Que s’est-il passé dans les pensionnats pour autochtones au Canada ?

Expérimentations, maltraitances, violences physiques et mentales, agressions sexuelles, etc

Depuis le 29/05/2021, les médias parlent de la découverte de restes enfouis de 215 enfants sur le site d’un ancien pensionnat pour autochtones à près de Kamloops, en Colombie-Britannique (Canada).

Cet ancien pensionnat a été créé il y a plus d’un siècle pour assimiler les peuples autochtones à la société dominante, selon une communauté amérindienne locale.

Un expert a repéré les restes humains le week-end dernier à l’aide d’un géoradar sur le site de cet ancien pensionnat situé près de Kamloops, en Colombie-Britannique, a annoncé la communauté autochtone Tk’emlups te Secwepemc dans un communiqué.

“Certains n’avaient que trois ans”, a affirmé la cheffe Rosanne Casimir.

Selon elle, la mort de ces enfants, dont on ignore la cause et à quand elle remonte, n’a jamais été documentée par la direction du pensionnat, même si leur disparition avait déjà été évoquée dans le passé par des membres de cette communauté.

Source : https://www.france24.com


215 victimes oubliées des pensionnats autochtones

Pensionnats autochtones en Colombie Britannique : 215 dépouilles d’enfants à identifier

Canada : Les restes de 250 enfants retrouvés enterrés près d’un ancien pensionnat

Déclaration sur la découverte autour du pensionnat de Kamloops

Ottawa (Ontario), le 28 mai 2021 – L’honorable Carolyn Bennett, ministre des Relations Couronne-Autochtones, et l’honorable Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones, ont fait la déclaration suivante aujourd’hui :

« Les mauvais traitements infligés aux enfants autochtones constituent une partie tragique et honteuse de l’histoire du Canada. Les pensionnats faisaient partie d’une politique coloniale qui retirait les enfants autochtones de leurs communautés. Des milliers d’enfants ont été envoyés dans ces écoles et ne sont jamais retournés dans leur famille. Les familles n’ont souvent reçu que peu ou pas d’informations sur les circonstances de la mort de leur proche ou sur le lieu de son enterrement. Les enfants placés dans des pensionnats n’avaient pas le droit de parler leur langue, ni de pratiquer leur propre culture. La perte des enfants qui ont fréquenté les pensionnats est impensable et le Canada reste déterminé à soutenir les familles, les survivants et les communautés, et à commémorer ces âmes innocentes perdues.

La nouvelle de la découverte, hier, de 215 corps dans les environs du pensionnat de Kamloops nous rappelle une fois de plus les préjudices que les familles et les survivants ont subis et subissent encore. Nous sommes profondément attristés par cette découverte et nos pensées vont à la Première Nation Tk’emlúps te Secwépemc ainsi qu’à toutes les communautés autochtones du Canada. Nous travaillons avec la communauté et nos partenaires, tels que la BC First Nations Health Authority, pour fournir les ressources et le soutien nécessaires déterminés par la communauté.

La Commission de vérité et de réconciliation (CVR) a été créée pour découvrir la vérité sur l’histoire sombre et douloureuse des pensionnats dans notre pays. Leurs 94 appels à l’action sont un appel à la mobilisation de tous les niveaux de gouvernement, des organisations, ainsi que des individus, pour apporter des changements concrets dans la société. Ils énumèrent des actions spécifiques pour réparer l’héritage des pensionnats et faire avancer le processus de réconciliation canadienne.

Le Centre national pour la vérité et la réconciliation a été créé et est maintenant responsable des registres de décès des élèves. Depuis le budget 2019, nous nous sommes engagés avec les communautés autochtones touchées par les pensionnats sur la meilleure façon de procéder à la mise en œuvre des appels à l’action 72-76. Nous avons écouté et veillons à ce que les approches adoptées soient dirigées par les Autochtones, fondées sur la communauté, axées sur les survivants et adaptées à la culture.

La CVR a révélé les détails déchirants du rôle que les pensionnats ont joué dans l’histoire du Canada et l’héritage tragique qui se poursuit aujourd’hui. On dit qu’une fois que l’on connaît la vérité, on ne peut plus la défaire. La découverte d’hier reflète un chapitre sombre et douloureux de l’histoire de notre pays. Nous restons déterminés à soutenir les survivants, leurs familles et leurs communautés dans leur processus de guérison. »

Source : https://www.canada.ca/fr/relations-couronne-autochtones-affaires-nord/nouvelles/2021/05/declaration-sur-la-decouverte-autour-du-pensionnat-de-kamloops.html


Pensionnat autochtones : le Canada bouleversé, Trudeau promet des « actions concrètes »

Le 31/05/2021, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, qui a fait de la réconciliation avec les communautés autochtones une priorité de son gouvernement, a promis lundi des “actions concrètes” et exprimé l’émotion de tout le pays après la découverte des restes de 215 enfants autochtones sur le site d’un ancien pensionnat en Colombie-Britannique.

“L’héritage tragique des pensionnats est encore présent aujourd’hui et notre gouvernement va continuer d’être là pour soutenir, avec des actions concrètes, les survivants, leurs familles et leurs communautés partout au pays”, a assuré Justin Trudeau.

Le gouvernement va financer la recherche et l’exhumation de restes sur d’autres sites d’anciens pensionnats, a-t-il dit lors de son premier point presse depuis la tragique découverte près de Kamloops, en Colombie-Britannique.

Ottawa avait présenté des excuses formelles aux survivants de ces pensionnats autochtones en 2008, dans le cadre d’un accord de 1,9 milliard de dollars canadiens (1,3 milliard d’euros).

Et en 2018, les députés canadiens ont adopté une motion pour demander au Pape des excuses personnelles au nom de l’Eglise catholique canadienne, après s’être heurtés à un premier refus.

De son côté, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a estimé lundi que la découverte de Kamloops était “bouleversante” et fait part de sa “profonde tristesse”.

Source : https://www.courrierinternational.com/depeche/pensionnats-autochtones-le-canada-bouleverse-trudeau-promet-des-actions-concretes.afp.com.20210531.doc.9b62zv.xml


Les pensionnats indiens au Canada : une chronologie

Les pensionnats indiens au Canada et au Québec

L’héritage des pensionnats indiens au Québec

Histoire des pensionnats autochtones

Les pensionnats destinés aux enfants autochtones ont existé au Canada du XVIIe siècle jusqu’à la fin des années 1990. Au cours des XIXe et XXe siècles, un système officiel de pensionnats pour les enfants autochtones a été mis sur pied et s’est étendu partout au Canada. L’intervention concertée du gouvernement fédéral dans les pensionnats a commencé dans les années 1880. Selon les estimations, au moins 150 000 enfants des Premières Nations, inuits et métis ont fréquenté ces établissements. Ces écoles étaient en grande partie dirigées par certaines églises et organismes religieux et administrées et financées par le gouvernement fédéral comme un élément essentiel du colonialisme. Ce système a été imposé aux peuples autochtones dans le cadre d’un vaste ensemble d’efforts délibérés d’assimilation visant à détruire leurs cultures et identités riches et à annihiler leurs histoires. Les témoignages des survivants contribuent de façon cruciale à la compréhension des expériences dévastatrices vécues par les enfants dans ces pensionnats et de l’impact à long terme de ces expériences non seulement sur les survivants, mais aussi sur leurs familles et leurs communautés. Tout au long de l’histoire du système des pensionnats, les peuples autochtones ont lutté contre le système de nombreuses façons. Les efforts déployés par les survivants pour raconter leur histoire et obtenir justice ont été le catalyseur indispensable d’une plus grande reconnaissance publique des torts causés par le système de pensionnats et de ses conséquences.

Au cours du XVIIe siècle, des missionnaires catholiques romains ont fondé les premiers pensionnats destinés aux enfants autochtones en Nouvelle-France. Pendant la première moitié du XIXe siècle, sous le régime colonial britannique, des pensionnats pour les enfants autochtones ont été établi dans le Haut-Canada (sud de l’Ontario). Fondées sur des notions de supériorité raciale, culturelle et spirituelle, ces écoles ont tenté de convertir les enfants autochtones au christianisme et de les séparer de leurs cultures traditionnelles.

Avec la colonisation des territoires autochtones dans les années qui ont suivi la Confédération, le gouvernement fédéral a établi et développé un système officiel de pensionnats au moyen de lois et de politiques dont le but était d’accélérer l’assimilation des peuples autochtones dans la société colonisatrice. Le système s’est étendu à l’ouest et au nord et, avec le temps, des pensionnats financés par le gouvernement fédéral ont existé dans presque toutes les provinces et tous les territoires du Canada, la plupart des écoles du nord et du Québec ayant ouvert leurs portes après 1950. En général, les pensionnats ont privilégié une formation axée sur les métiers et l’agriculture pour les garçons et sur l’économie domestique pour les filles. Le gouvernement fédéral finançait également des externats, eux aussi souvent gérés par des organismes religieux. Dans les années 1950 et 1960, le gouvernement fédéral a instauré une politique d’intégration dans le sud du Canada, en vertu de laquelle certains enfants des Premières Nations fréquentaient les écoles du système scolaire provincial, en particulier pour les niveaux supérieurs. Dans le Nord, le gouvernement administrait des externats ainsi qu’une série de foyers pour les enfants des Premières Nations, inuits et métis. De nombreux élèves métis fréquentaient déjà les écoles provinciales. Le processus d’intégration des élèves puis de fermeture des pensionnats a pris des décennies et ne s’est achevé qu’à la fin des années 1990.

Au cours des années d’existence de ce système, les enfants ont été arrachés de leur foyer et, une fois au pensionnat, ont souvent été soumis à une discipline sévère, à la malnutrition et à la famine, à des soins de santé inadéquats, à des abus physiques, émotionnels et sexuels, à de la négligence ainsi qu’à l’éradication délibérée de leurs cultures et de leurs langues. Des milliers d’enfants ont trouvé la mort au pensionnat, et les lieux de sépulture de bon nombre d’entre eux demeurent inconnus. La Commission de vérité et réconciliation du Canada a décrit le système de pensionnats comme un génocide culturel. Les nombreux effets intergénérationnels du traumatisme comprennent des niveaux inférieurs de réussite scolaire et sociale, la violence interpersonnelle et la rupture des relations entre parents et enfants. Les pensionnats ont miné des aspects fondamentaux des cultures autochtones en séparant les peuples autochtones de leurs connaissances et de leurs modes de vie traditionnels, de leurs langues, de leurs structures familiales et de leurs liens avec la terre.

Dès les premiers jours des écoles, les élèves, leurs proches et les dirigeants autochtones ont exprimé leurs objections et ont protesté contre une multitude de choses, allant de la fréquentation scolaire aux piètres conditions, en passant par les mauvais traitements et la qualité inadéquate de l’enseignement. Les enfants ont combattu le système en refusant de renoncer à leurs langues et à leurs identités. Certains se sont enfuis pour tenter de rentrer chez eux, et plusieurs ont ainsi perdu la vie. Au cours des décennies qu’a duré le processus de fermeture des pensionnats, les peuples autochtones ont lutté pour la reconnaissance officielle des torts causés par les pensionnats. Les survivants ont milité pour la reconnaissance et la réparation, en exigeant des gouvernements et des églises qu’ils soient tenus responsables des séquelles durables laissées par ce système. Ces efforts ont finalement abouti à la Convention de règlements relative aux pensionnats indiens, aux excuses du gouvernement et à la création de la Commission de vérité et réconsiliation qui a siégé de 2008 à 2015.

L’appel à l’action no 79 de la Commission de vérité et réconciliation a invité en partie le gouvernement fédéral à commémorer l’histoire et les séquelles des pensionnats autochtones. Le Centre national pour la vérité et réconciliation et son Cercle des survivants, Parcs Canada et la Commission des lieux et monuments historiques du Canada ont préparé conjointement cette désignation et collaboré pour déterminer l’importance historique nationale de cet événement important et déterminant de l’histoire du Canada qui continue d’avoir d’importantes répercussions aujourd’hui.

Source : https://www.pc.gc.ca/fr/culture/clmhc-hsmbc/res/information-backgrounder/sys-pensionnats-residential-school-sys

La première étape du trajet vers la réconciliation entamée par la Commission de vérité et réconciliation (CVR) est maintenant terminée. À compter du 18 décembre 2015, les bureaux de la CVR seront désormais fermés.

Mais, le cheminement vers la vérité et réconciliation est loin d’être terminé.

Le Centre national de la vérité et réconciliation prend maintenant la relève.

http://www.trc.ca/index-splash-fr.html


Les pensionnats de la honte

4134 morts dans les pensionnats autochtones au Canada

26/04/2013

La Commission de vérité et réconciliation recense 4134 morts dans les pensionnats autochtones au Canada. Le précédent bilan faisait état de 3000 décès.

C’est en Alberta (901) et en Saskatchewan (844) qu’on enregistre le plus grand nombre de morts. La Colombie-Britannique affiche aussi un triste bilan (747 morts).

Au Québec, 35 morts sont dénombrés par la Commission de vérité et réconciliation, mais le plus bas bilan est enregistré en Nouvelle-Écosse (16).

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/610955/pensionnats-autochtones-morts

L’assimilation des Autochtones, tout près de Montréal

25/04/2013

Konwatsitsa Meloche est Mohawk. À la différence des témoins de la Commission vérité et réconciliation, elle n’est pas allée dans un pensionnat. Et pourtant, son histoire illustre une facette méconnue de l’assimiliation des Autochtones, celle des écoles de jour.

Au milieu du XXe siècle, toutes les communautés autochtones avaient au moins une école de jour qui suivait un programme similaire pour intégrer les enfants autochtones. De son école Kateri de Kahnawake qu’elle a fréquentée dans les années 60, Konwatsitsa garde de souvenirs douloureux, humiliants, teintés de la peur qu’elle avait au ventre.

« Les religieuses dénigraient notre culture mohawk. Il était interdit de parler notre langue. Nous étions humiliés. Certains recevaient des corrections et pas seulement à l’école, se rappelle-t-elle. On savait qu’il fallait marcher droit, sinon on allait y goûter. »

« On nous disait que nous n’étions pas beaux, parce que nous étions Indiens. » Konwatsitsa Meloche

À l’instar de ses parents, cette Autochtone d’une cinquantaine d’années a vécu l’assimilation. Pour elle, ses parents ont été brutalement dépouillés de leur identité et de leur culture. Sa mère, qui est allée dans un pensionnat, a été complètement endoctrinée par l’Église catholique, croit-elle. Et elle a transmis à ses enfants un sentiment de honte.

« Ma mère voulait que nous soyons comme les Blancs. Elle nous faisait comprendre, à mes trois soeurs et à moi, que ce n’était pas bien d’être Indiennes. »  Konwatsitsa Meloche

Son père aussi a été marqué par son enfance. « Il se souvient d’une religieuse qui l’avait poussé par terre pour lui montrer combien ses chaussures étaient sales et abîmées. Une fois par terre, elle lui a donné des coups de pied. Il devait avoir six ans tout au plus. »

Ancienne enseignante, Konwatsitsa donne maintenant des ateliers sur l’estime de soi. Elle dit qu’elle peut ainsi contribuer à redonner un sentiment de fierté aux membres des communautés autochtones. Mais elle dit recevoir encore beaucoup de préjugés de la part des Blancs, qu’ils soient d’origine anglaise ou française.

« Non seulement les Anglais me demandent pourquoi j’ai un nom français, mais les Français, eux, me disent : “Meloche, tu dois parler français?” ». Même son nom de famille lui semble étranger : « Je n’ai rien contre “Meloche”, mais on nous l’a imposé ».

Il existe peu de données sur la fréquentation des écoles de jour dans différentes communautés autochtones. Jusqu’à la fin des années 70, elles étaient sous la responsabilité des congrégations religieuses. Même si ces écoles ne sont pas visées par la Convention de règlement des pensionnats, de plus en plus de victimes se manifestent.

Un des commissaires de la Commission vérité et réconciliation, le juge Murray Sinclair du Manitoba, estime que ces écoles de jour suivaient le même programme que les pensionnats. « Les deux avaient le même programme : enseigner aux enfants comment être des petits Canadiens, tout en dénigrant leur langue, leur culture d’origine. »

« Avec les témoignages, on sait que les sévices sexuels se produisaient dans les dortoirs des pensionnats, mais les autres abus comme les corrections entraînant des blessures graves survenaient le jour en classe. » Le juge Murray Sinclair  

« Dans les écoles, on apprend que des enfants autochtones recevaient aussi des corrections brutales et subissaient les excès d’une discipline de fer. Au fond, il s’agit de deux systèmes parallèles qui traitent les enfants autochtones de la même manière durant les heures de classe », poursuit le président de la Commission vérité et réconciliation.

Source : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/610850/commission-verite-ecoles


De nouveaux documents de la Commission de vérité et réconciliation du Canada pourraient faire la lumière sur le nombre d’enfants autochtones de Colombie-Britannique morts dans les pensionnats.

07/01/2014

La Commission a récemment reçu un peu plus de 4000 dossiers, y compris des certificats de décès d’enfants autochtones âgés de 4 à 19 ans morts entre 1917 et 1956, en Colombie-Britannique.

La Commission avait aussi déjà rapporté qu’au moins 4100 enfants étaient morts dans 130 pensionnats à travers le pays, mais que ce nombre pourrait croître au fur et à mesure que des documents provinciaux et fédéraux sont étudiés.

« Et ce n’est sûrement que la pointe de l’iceberg », a lancé le Commissaire de la Commission de vérité et réconciliation, le juge Murray Sinclair.

Le grand chef du Sommet des Premières Nations, Ed John, rappelle que des enfants sont morts de froid en tentant de s’échapper d’un pensionnat où lui-même a étudié. « Il faut faire la lumière sur ces événements, notamment savoir où ces enfants ont été enterrés » espère-t-il.

Pour sa part, le grand chef de l’Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique, Stewart Philip, qualifie l’expérience des pensionnats de génocidaire.

L’étude de documents historiques fédéraux a permis de révéler l’an dernier que des Autochtones affamés avaient servi de cobayes pour des régimes expérimentaux dans les années 40 et 50.

 

Des enfants autochtones auraient servi de cobayes pour des régimes expérimentaux

Une recherche basée sur des documents historiques fédéraux révèle que des Autochtones affamés ont servi de cobayes pour des régimes expérimentaux dans les années 1940 et 1950. Le gouvernement fédéral qualifie les faits rapportés de « totalement inacceptables »

Selon l’article publié dans la revue Histoire sociale/Social History, les tests auraient été commandés par des bureaucrates du gouvernement fédéral.

Ian Mosby, qui étudie l’histoire de l’alimentation au Canada à l’Université Guelph, menait des recherches sur le développement des politiques canadiennes sur la santé lorsqu’il a remarqué quelque chose de bizarre.

« J’ai trouvé des références vagues à des études menées sur des “Indiens” qui ont piqué ma curiosité », raconte-t-il. « Elles me semblaient potentiellement problématiques. J’ai donc décidé de trouver ce qui s’était passé. »

Il a découvert des documents gouvernementaux révélant l’existence d’un programme national auquel au moins 1300 Autochtones auraient participé à leur insu. La plupart des cobayes étaient des enfants.

Le tout a commencé en 1942, après une tournée effectuée par des fonctionnaires dans le nord du Manitoba. Ils ont visité de nombreuses réserves, dont Opaskwayak et Norway House.

Les chercheurs y ont trouvé des gens affamés. Les communautés étaient très pauvres à cause du déclin de l’industrie de la traite des fourrures et la diminution du financement gouvernemental.

Les chercheurs ont décrit les Autochtones qu’ils ont rencontrés comme des gens « paresseux, indolents, imprévoyants et inertes ». Selon eux, ces caractéristiques étaient causées par la malnutrition.

Selon les chercheurs, les Autochtones dans ces communautés consommaient moins de 1500 calories par jour, alors qu’un adulte en santé en consomme au moins 2000.

Au lieu de recommander l’augmentation du financement des communautés autochtones, les chercheurs ont décidé que des gens isolés, dépendants et affamés seraient des cobayes idéaux pour évaluer les effets de différents régimes.

La première expérience a été menée en 1942 sur 300 résidents de Norway House, dans le nord du Manitoba. Les chercheurs ont donné des suppléments vitaminés à 125 personnes. Les autres n’ont rien reçu.

Des expériences ont aussi été menées sur des enfants dans les pensionnats autochtones de Port Alberni, en Colombie-Britannique, de Lethbridge, en Alberta, de Schubenacadie, en Nouvelle-Écosse et de Kenora, en Ontario.

Dans un cas, l’école a réduit de moitié la ration de lait des élèves pendant deux ans. Ailleurs, les écoles ont privé certains enfants de vitamine B1, de fer et d’iode pour créer des groupes de contrôle.

Dans une école, les enfants ont mangé des mets préparés avec une farine enrichie qui était prohibée au Canada en vertu des lois sur l’altération alimentaire.

Certains traitements dentaires des enfants ont été suspendus dans ces écoles, car la santé bucco-dentaire était un outil de mesure important et les chercheurs ne voulaient pas que les résultats de leurs études soient faussés.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/623427/enfants-autochtones-cobaye-regimes-experimentaux


Parole d’autochtone 224 – Les victimes des pensionnats

Pensionnats autochtones : survivants #44, #58, #99…


Dans les couloirs de la Commission de vérité et réconciliation sur les pensionnats autochtones, quatre Amérindiens replongent dans leur lourd passé, où ils n’étaient parfois qu’un numéro, pour raconter leur enfance et les contrecoups de la colonisation sur leur vie.

NOM : Lucie, « no 99 »

DÉPART AU PENSIONNAT : à 6 ans, en 1958

« On partait de nuit, en train. Ça pleurait beaucoup. On savait, quelque part en dedans de nous, qu’on était en train de vivre un grand bouleversement », explique Lucie, se remémorant son départ pour le pensionnat d’Amos.

Déportée, coupée de sa famille, Lucie a passé « une première année d’enfer » au pensionnat. « C’était très dur physiquement et moralement », s’attriste-t-elle encore aujourd’hui. De petite fille grassette habituée à la liberté, elle est devenue une enfant maigre et formatée pour l’obéissance. Elle a appris à dormir enfermée dans des placards à balais, en punition. Traitée de « sauvage » par les sœurs, forcée à oublier sa langue maternelle, Lucie a connu le mépris de sa culture pendant ses années de pensionnaire, mais aussi la violence physique. Et la violence sexuelle.

Au pensionnat, raconte Lucie, lors du passage obligé au confessionnal, les filles n’allaient pas s’installer dans la cabine à côté de celle du curé. L’homme de foi les faisait rentrer avec lui, dans son petit cubicule. Il les plaçait entre ses jambes. Les fillettes ainsi à sa merci, il glissait les mains sous leurs vêtements et abusait d’elles.

Un jour, Lucie en a eu assez. Écoeurée, elle a repoussé le curé de toutes ses forces. « Ça a bardassé! Bing! Bang! J’ai ouvert la porte et je suis partie à courir. » Les autres fillettes qui attendaient leur tour en rang pour se confesser se sont mises à courir avec elle et elles ont fui la chapelle. Mais au détour d’un corridor, des sœurs leur ont bloqué le passage. Les religieuses les ont renvoyées au curé. Pourtant, elles savaient ce que le prêtre faisait, assure Lucie. « On ne pouvait même pas se fier sur les sœurs pour nous protéger des prêtres. »

Aujourd’hui, Lucie est interprète judiciaire. Elle traduit pour le gouvernement des documents en atikamekw. Cette langue-là même que le gouvernement voulait qu’elle cesse de parler.

NOM : Samuel, « no 58 »

DÉPART AU PENSIONNAT : à 9 ans, en 1956

« Des fois, quand j’y pense, ça me prend comme un hoquet. Je me mets à pleurer sans pouvoir le contrôler. »

Le pensionnaire no 58 de Shingwauk, en Ontario, parle rarement de sa vie au pensionnat. Le souvenir des atrocités qu’il a connues là-bas coupe fréquemment sa très douce voix lorsqu’il raconte son histoire.

« On était tout le temps punis et on ne savait pas pourquoi », amorce tout de même Samuel après un long silence. Les frères lui donnaient tout le temps la fessée, lui frappaient les avant-bras ou la tête, se souvient-il. Et la plupart du temps, parce qu’il avait de la difficulté à comprendre l’anglais, il ignorait pourquoi.

Samuel se rappelle aussi que les pensionnaires avaient tout le temps faim. Ses amis et lui avaient alors fabriqué des arcs et des flèches. Ils s’en servaient pour tuer des oiseaux qu’ils faisaient ensuite griller sur un petit feu, cachés derrière des buissons. Ou ils allaient au poulailler abattre des poules. Mais les frères comptaient les volailles et lorsqu’il en manquait, ils punissaient les garçons. Tous les garçons, à titre exemplaire.

Un jour, un surveillant a fait venir Samuel dans son bureau. Le pensionnaire avait souvent déjà été victime d’agressions sexuelles de la part de surveillants derrière des portes closes. Mais cette fois-là, dans le bureau, il y avait une jeune Amérindienne qui était là et qui pleurait. Le surveillant a regardé Samuel et lui a annoncé qu’aujourd’hui, il allait « lui apprendre comment on fait l’amour ». Indifférent à leurs larmes à tous les deux, il a forcé les jeunes Amérindiens à avoir une relation sexuelle.

Le désespoir. La tristesse. Samuel en a un souvenir très vif. L’enfant qu’il était ne souhaitait qu’une seule chose à l’époque : rentrer chez lui. Si bien que lorsqu’il a en a eu la chance, il s’est enfui du pensionnat. Il s’est engouffré dans la forêt. Il y est resté seul pendant trois jours avant d’être retrouvé par les frères et d’être ramené à l’école. À son retour, il a été battu.

Au bout de sept ans de pensionnat, Samuel a été transporté dans un hôpital de Toronto. Né avec une jambe plus courte que l’autre, le pensionnaire no. 58 a appris qu’il devait subir une opération. Les frères en avaient décidé ainsi. Mais l’opération qu’il a subie a finalement aggravé sa situation et le pensionnaire estropié est finalement rentré chez lui, dans son village à Mistissini.

NOM : Gabriel

38 ans, fils de deux anciens pensionnaires

La mère de Gabriel est comme une pomme. « Rouge à l’extérieur, mais blanche à l’intérieur. » Elle est le produit du pensionnat de Fort George.

« Ma mère est très confuse dans son identité. Elle a été colonisée et elle n’a pas pu faire ensuite le processus de décolonisation », expose Gabriel, très lucide.

Lorsqu’il était jeune, il a toujours senti ce « clash » chez ses parents entre la culture blanche et la culture autochtone. Ses parents, par exemple, ne voulaient pas utiliser de la sauge et ils ne voulaient pas aller aux pow-wow, le grand rassemblement, parce que c’était « diabolique », disaient-ils. « Parfois, ils disaient qu’il fallait brûler nos tambours. Je me disais, oh wow! Qu’est-ce qui est arrivé à mes parents? »

À cette époque, les gens ne parlaient pas des pensionnats. Mais tout au long de son enfance, Gabriel sentait que quelque chose n’allait pas. « Il y avait toujours beaucoup d’alcoolisme et beaucoup de disputes. Je ne comprenais pas d’où ça venait. Je me demandais pourquoi mon père était tout le temps en colère, pourquoi ma mère était tout le temps en colère. J’étais très négligé. Mes parents ne savaient pas comment élever des enfants. »

Jeune adulte, Gabriel a appris l’existence des pensionnats. Après cette prise de conscience, le jeune homme avoue qu’il était en colère contre les Blancs pour ce qu’il observait dans sa communauté. « Je généralisais. Je disais : c’est de votre faute à vous, les Blancs, si nous sommes comme ça. C’est vous qui nous avez fait ça. »

Aujourd’hui travailleur social, Gabriel explique que pour se réconcilier avec son passé, il a préféré se tourner vers le chaman de sa tribu plutôt que vers un psychologue. « J’avais besoin de comprendre qui j’étais et j’avais besoin de renouer avec cet aspect de mon identité », dit-il.

Impliqué dans le mouvement Idle No More, Gabriel croit aujourd’hui que les communautés autochtones partout au Canada doivent s’entraider et travailler de concert pour régler les problèmes hérités du passé des pensionnats, pour le bien des générations futures.

Nom : Richard, « no 44 »

DÉPART AU PENSIONNAT : à 6 ans, en 1955

La partie « vérité » de la Commission de vérité et réconciliation, Richard la saisit bien. Cela fait longtemps qu’il veut parler de ce qu’il a connu et de ce qu’il a vu au pensionnat, même si au début, il rencontrait beaucoup de résistance. « Les gens me disaient : ce n’est pas vrai, ça ne se peut pas que ce soit arrivé comme ça », dit-il.

La vérité, il veut qu’elle soit connue.

Mais l’aspect « réconciliation » de la commission, l’ex-pensionnaire au franc-parler avoue sans détour qu’il ne la comprend pas. Il se trouve dépourvu devant ce concept qui n’existe pas dans sa langue, dit-il. « On m’a demandé à l’ouverture de la commission de poser un geste de réconciliation… Mais je n’ai pas su quoi faire. »

« Ce sont des crimes contre l’humanité qui ont été commis contre nous, puis il n’y a personne, personne qui va faire du temps pour ces crimes-là. » Richard

Après plusieurs années passées dans un pensionnat, Richard a été embauché par le ministère des Affaires indiennes – devenu Affaires autochtones et Développement du Nord Canada. L’un de ses premiers emplois consistait à se rendre dans les réserves amérindiennes et à faire signer aux parents autochtones les formulaires nécessaires pour qu’ils cèdent à la reine leurs droits sur leurs enfants afin qu’ils soient envoyés au pensionnat.

« C’est là où j’ai eu mon Waterloo », se souvient Richard. Après avoir traduit au chef d’une tribu, ahuri, les formulaires du gouvernement, Richard a compris qu’il ne pouvait pas faire ce travail et qu’il fallait cesser d’envoyer de petits autochtones dans les pensionnats que lui-même avait fréquentés.

Richard croit que l’harmonie entre la société autochtone et la société canadienne est possible, mais il pense qu’elle n’est pas pour tout de suite. « J’y crois, mais je ne pense pas que ça va arriver de mon vivant. En attendant, il faut continuer à faire ce que l’on fait là, il faut continuer à en parler, parfois avec des mots crus », conclut-il. 

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/610862/pensionnats-autochtones-survivants


Les pensionnats au Canada : l’histoire vraie d’un indien

Les pensionnats autochtones : une perspective de génocide

Ces victimes de l’époque coloniale ont été contraintes de vivre dans les pensionnats autochtones, véritables camps d’assimilation ethnique. Selon la Commission de vérité et réconciliation, qui a fait enquête sur la situation de mauvais traitements, ces pensionnats ont laissé des taches indélébiles dans l’histoire récente du Canada en matière de droits de la personne. De nombreuses actions collectives ont eu pour base cette situation et ont donné lieu, jusqu’à tout récemment encore en 2018 dans l’affaire Brown c. Canada, à de nombreux accords visant à reconnaître les torts du Canada et à dédommager les Autochtones. Ce texte veut mettre en lumière les mauvais traitements qu’ont subis les Autochtones et examiner si ceux-ci correspondent à la définition du crime de génocide, prévue à la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide(1948).

Dès la fin du 19e siècle, le gouvernement de John A. Macdonald instaure des politiques visant à éliminer les gouvernements autochtones, à ignorer les droits des Autochtones et à mettre fin aux traités conclus avec eux. Puis, par un processus d’assimilation, s’enclenche ce qui deviendra la rafle des pensionnats. Ces politiques canadiennes, qui ont perduré pendant tout le 20e siècle, détruiront la culture et la société autochtones, leur identité raciale et religieuse. En 1920, le sous-ministre des Affaires indiennes, Duncan Campbell Scott, soulignait les objectifs de son gouvernement en déclarant au comité parlementaire : « Notre but est de continuer jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un seul Indien au Canada qui n’a pas été intégré à la société »

Toujours selon la Commission de vérité et réconciliation, en établissant les pensionnats autochtones à la fin du 19e siècle, le gouvernement canadien de Macdonald a imposé des politiques d’éducation obligatoire à l’occidentale. Les parents réfractaires à ce type d’éducation et qui refusaient de voir leurs enfants fréquenter les écoles religieuses occidentales étaient déclarés inaptes à la garde de leurs enfants ; ceux-ci étaient alors adoptés par les pensionnats et élevés dans une culture différente de la leur. De plus, à leur arrivée au pensionnat, les frères et les sœurs étaient séparés et les familles, déchirées, ce qui a brisé la transmission de la culture autochtone en fragilisant et en isolant les individus 

Les Églises catholique romaine, anglicane, unie, méthodiste et presbytérienne, étaient les principaux groupes confessionnels administrateurs des pensionnats autochtones. Dans ces établissements religieux, les Autochtones se sentaient très seuls et isolés de leur culture. Les édifices étaient situés loin des grands centres, mal isolés et mal entretenus. La nourriture était de mauvaise qualité et offerte en quantité insuffisante. Une discipline sévère régnait ; la vie était très réglementée. Les langues et les cultures autochtones étaient interdites et dénigrées. Pour les Autochtones, l’éducation et la formation technique se réduisaient, la plupart du temps, aux corvées nécessaires à l’entretien et à l’autosuffisance du pensionnat

Les jeunes Autochtones, mal nourris et élevés dans les conditions d’insalubrité, sont devenus susceptibles de développer des problèmes de santé à l’âge adulte. Durant l’épidémie de grippe de 1918 à 1919, beaucoup de pensionnats et de paroisses sont dépassés par le nombre de mortalités. Au pensionnat de Fort St. James, en Colombie-Britannique, les cadavres sont enterrés dans une fosse commune ou deux par deux, sans l’accord des familles et sans même que celles-ci soient avisées.

En partenariat, le Canada et les Églises ont même pratiqué des mariages organisés et forcés entre élèves à la fin de leur éducation. Le directeur du pensionnat de Kamloops, A. M. Carion, a même déclaré : « Il me fait plaisir de signaler ici de nouveau que, depuis mon dernier rapport, deux autres couples d’anciens élèves se sont unis par les liens du mariage. Les anciens élèves qui se marient entre eux sont bien plus aptes à conserver les habitudes de la vie civilisée qu’ils ont acquises à l’école »

La fermeture des pensionnats en 1990 n’a pas mis fin aux sévices psychologiques, sociaux et économiques. Les séquelles psychologiques et leurs effets négatifs sont présents encore aujourd’hui. Elles se manifestent par une victimisation et une criminalité disproportionnée des Autochtones, par des écarts en matière de revenu, d’éducation et de santé entre personnes autochtones et non-autochtones, et ont des conséquences désastreuses : espérance de vie plus courte, pauvreté, dysfonctionnements familiaux et sociaux. Plus d’un siècle de politique d’acculturation a pratiquement fait disparaître la plupart des langues autochtones. La prise en charge des enfants par les organismes de protection de l’enfance, pour les placer par la suite dans des pensionnats, a mis à l’écart les enfants autochtones de leurs familles, sans tenir compte des impacts. Les mariages forcés et précoces entre Autochtones convertis à la religion ont détruit les valeurs familiales autochtones et les ont restreints à un niveau de scolarité très primaire. Tout cela fait partie des séquelles associées aux mauvais traitements dont les enfants autochtones ont été victimes dans les pensionnats

Selon l’article 16 de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants :

Tout État partie s’engage à interdire dans tout territoire sous sa juridiction d’autres actes constitutifs de peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants qui ne sont pas des actes de torture telle qu’elle est définie à l’article premier lorsque de tels actes sont commis par un agent de la fonction publique ou toute autre personne agissant à titre officiel, ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite.

En vertu de cette responsabilité, non seulement le gouvernement canadien et les Églises sont solidairement responsables de leurs atrocités, mais c’est également le cas de toutes les personnes qui y ont participé de près ou de loin, en tant qu’agents publics de l’État ou à titre officiel ou tacite.

La Cour suprême du Canada dans l’affaire Blackwater c. Plint a démontré que la négligence à l’égard des enfants était institutionnalisée. Le manque de supervision gouvernementale et l’éloignement délibéré des enfants autochtones de leurs familles ont engendré des situations où les enfants ont été victimes d’agressions sexuelles et physiques par des membres des ordres religieux, causant des séquelles physiques et psychologiques. Il a également été établi que « la Loi sur les Indiens impose au gouvernement du Canada une obligation de diligence intransmissible dont l’objet est d’assurer la sécurité et le bien‑être des enfants autochtones placés dans les pensionnats » et que « le gouvernement du Canada et l’Église étaient solidairement responsables du fait d’autrui à cet égard ». Toutefois, les agents de l’État n’ont pas encore fait l’objet de poursuites au criminel et au civil.

Ces mauvais traitements correspondent à la définition d’un génocide au sens de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (CPRCG). En effet, l’article 2 le définit ainsi :

[…] le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : a) Meurtre de membres du groupe ; b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ; e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.

Les articles 2b, 2c et 2e de la CPRCG sont manifestement enfreints par les actes d’agression sexuelle commis et ayant causé des dommages physiques et mentaux, par les transferts obligatoires de jeunes Autochtones et les adoptions forcées par les dirigeants des pensionnats, et par les politiques de scolarisation dans des pensionnats insalubres, avec des moyens d’enseignement violents et inadéquats.

En portant une atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe par des abus sexuels, de mauvais traitements physiques et une mauvaise nutrition, toutes ces politiques d’assimilation ont causé un TSPT (Trouble de stress post-traumatique) de masse à tout un groupe d’Autochtones. Le Canada a soumis de façon intentionnelle les enfants autochtones à des conditions d’existence inacceptables. Il a également pratiqué un transfert forcé d’enfants autochtones dans les pensionnats en les privant de la sécurité du tissu familial.

Par les politiques du gouvernement Macdonald, le Canada s’est immiscé dans les communautés autochtones en les fractionnant, en les fragilisant, en éloignant leurs enfants et en privant ceux-ci de la protection de leurs proches. En pratiquant des mariages forcés et à un jeune âge entre Autochtones assimilés et catholiques, le gouvernement a détruit les rapports familiaux, empêchant les enfants de créer des liens d’affection avec leurs parents, liens d’attachement essentiels aux bonnes relations interpersonnelles dans la communauté, détruisant celle-ci de façon partielle ou totale. Selon le Protocole d’Istanbul, ces souffrances physiques aiguës qui ont engendré des séquelles psychologiques par le TSPT de masse portent notamment atteinte aux droits protégés sous l’article premier de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants, ainsi qu’aux principes a minima de sécurité et de santé, des droits protégés par le droit international.

Par les politiques du gouvernement Macdonald, le Canada s’est immiscé dans les communautés autochtones en les fractionnant, en les fragilisant, en éloignant leurs enfants et en privant ceux-ci de la protection de leurs proches. En pratiquant des mariages forcés et à un jeune âge entre Autochtones assimilés et catholiques, le gouvernement a détruit les rapports familiaux, empêchant les enfants de créer des liens d’affection avec leurs parents, liens d’attachement essentiels aux bonnes relations interpersonnelles dans la communauté, détruisant celle-ci de façon partielle ou totale. Selon le Protocole d’Istanbul, ces souffrances physiques aiguës qui ont engendré des séquelles psychologiques par le TSPT de masse portent notamment atteinte aux droits protégés sous l’article premier de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants, ainsi qu’aux principes a minima de sécurité et de santé, des droits protégés par le droit international.

Verrons-nous dans le futur une reconnaissance partielle de ce crime atroce si rien n’est fait pour poursuivre les auteurs de ces crimes? En effet, aucune poursuite devant les instances internationales et canadiennes n’a été intentée contre les agents publics de l’État qui ont appliqué de façon directe ou indirecte les politiques du gouvernement de l’époque et ceux qui les ont perpétuées de façon directe et indirecte.


Le génocide culturel du gouvernement canadien

Tuer l’indien dans le cœur de l’enfant

Rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada

L’ histoire, partie 1, des origines à 1939

http://www.trc.ca/assets/pdf/French_Volume_1_History_Part_1_Web.pdf

L’ histoire, partie 2, de 1939 à 2000

http://www.trc.ca/assets/pdf/French_Volume_1_History_Part_2_Web.pdf

Enfants disparus et lieux de sépulture non marqués

http://www.trc.ca/assets/pdf/French_Volume_4_Missing_Children_Web.pdf

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