La nouvelle liste noire des médicaments “plus dangereux qu’utiles”

Cancérologie, cardiologie, dermatologie, gastro-entérologie… Dans toutes les spécialités médicales, on prescrit parfois des médicaments plus dangereux qu’utiles. Pour la huitième année consécutive, la revue Prescrire a fait le tri et a publié jeudi un bilandes médicaments à éviter selon elle, en raison des risques sanitaires « disproportionnés » qu’ils font courir aux patients.

Ginkgo biloba, Clarix toux sèche, Vicks sirop pectoral… Douze nouveaux médicaments ont été ajoutés cette année à la liste noire réalisée par la revue indépendante Prescrire et dévoilée jeudi 28 novembre. 

La liste 2020 recense 105 médicaments (dont 92 commercialisés en France), à ne pas utiliser, à défaut de les voir retirer du marché. Douze médicaments ont été ajoutés par rapport à l’an dernier. La liste, établie sur la base des analyses publiées dans la revue de 2010 à 2019, est régulièrement actualisée, certains médicaments étant retirés, d’autres ajoutés.

La liste compte une centaine de produits “plus dangereux qu’utiles”, à éviter en raison des risques sanitaires “disproportionnés” qu’ils font courir aux patients.

Douze nouveaux médicaments ont été ajoutés à la liste 2020, réalisée par la revue indépendante Prescrire : le Ginkgo biloba, des produits contre le mal de gorge et de la toux et des argiles contaminées au plomb.

Parmi les douze médicaments ajoutés cette année à cette liste noire se trouve notamment le Ginkgo biloba (nom de marque Tanakan et assimilés), un médicament pour les troubles cognitifs (de la mémoire, de la compréhension, etc.) des patients âgés, qui comporte un risque d’hémorragies, de troubles digestifs, de convulsions… Le Ginkgo biloba est également utilisé combiné à d’autres molécules, sous le nom de Ginkor fort, dans l’insuffisance veineuse, “sans plus d’efficacité”, note la revue.

Prescrire alerte aussi sur des produits contre le mal de gorge et de la toux dont on peut se passer. Elle pointe notamment du doigt Clarix toux sèche pour enfant et Vicks sirop pectoral 0,15% pour adulte, à base de pentoxyvérine. Un antitussif qui “expose à des troubles cardiaques” et “à des réactions allergiques graves”, explique la revue indépendante.

L’alpha-amylase (Maxilase et équivalents) pour les maux de gorge figure également sur la liste : ces médicaments peuvent engendrer des réactions allergiques parfois graves, voire mortelles (un décès enregistré en France en 2017, ndlr). L’Agence du médicament veut d’ailleurs les voir retirer de l’accès libre en pharmacie. Se trouve également sur la liste noire un corticoïde en pulvérisation buccale, le tixocortol (présent avec la chlorhexidine dans le Thiovalone et ses équivalents), un médicament contre le mal de gorge bénin, à l’origine de réactions allergiques.

La liste comprend également des argiles médicamenteuses, utilisées dans divers troubles intestinaux, dont les diarrhées, contaminés par du plomb : l’attapulgite (Actapulgite, ou en association dans Gastropulgite), la diosmectite (Smecta ou son générique). S’y ajoutent le Rennieliquo, le Bedelix à base de monmectite, présente aussi dans le Gelox ainsi que le kaolin que contiennent Gastropax et Neutroses.

La liste 2020, qui recense 105 médicaments (dont 92 commercialisés en France), a été établie sur la base des analyses publiées dans la revue de 2010 à 2019, explique Prescrire. Cette liste est régulièrement actualisée, certains médicaments étant retirés, d’autres ajoutés.

Les médicaments visés dans cette liste sont des “causes de mortalité, d’hospitalisations ou d’effets nocifs graves ou très gênants, largement évitables“, assure la revue. Ce “ne sont pas forcément de futurs “Mediator”, au centre de scandales et de procès impliquant notamment une firme et l’agence du médicament. Surtout si tous les acteurs de santé réagissent à temps”, ajoute-t-elle.


Sommaire du Bilan 2020

Pour aider à choisir des soins de qualité et éviter des dommages disproportionnés pour les patients, nous avons mis à jour fin 2019 le bilan des médicaments que Prescrire conseille d’écarter pour mieux soigner. 

 Une méthode fiable, rigoureuse et indépendante
 Évolutions du Bilan 2020
 Cancérologie – Hématologie
 Cardiologie
 Dermatologie – Allergologie
 Diabétologie – Nutrition
 Douleur – Rhumatologie
 Gastro-entérologie
 Gynécologie – Endocrinologie
 Infectiologie
 Neurologie
 Ophtalmologie
 Pneumologie – ORL
 Psychiatrie – Dépendance
 Sevrage tabagique
 Urologie

“Pour mieux soigner, des médicaments à écarter : bilan 2020” 

Le Ginkgo biloba

Le Tanakan est un médicament générique sous forme de comprimé à base de Ginkgo biloba, prescrit lorsque les troubles cognitifs déclinent avec l’âge. D’après Prescrire, ces comprimés comportent un risque d’hémorragies, de troubles digestifs, de convulsions…

La revue relève en outre que le Ginkgo biloba est par ailleurs utilisé combiné à d’autres molécules, sous le nom de Ginkor fort, dans l’insuffisance veineuse (jambes lourdes, douleurs…), « sans plus d’efficacité ».

Les sirops pour la toux

Déjà pointés du doigt pour leur inefficacité par le magazine « 60 millions de consommateurs », les sirops pour la toux peuvent aussi s’avérer dangereux. Clarix toux sèche pour enfant et Vicks sirop pectoral 0,15 % pour adulte, à base de pentoxyvérine, figurent parmi la nouvelle liste de Prescrire. La pentoxyvérine « expose à des troubles cardiaques » et « à des réactions allergiques graves », souligne la revue indépendante.

Les argiles, type Smecta

La contamination par du plomb des argiles médicamenteuses utilisées dans divers troubles intestinaux, dont les diarrhées, « justifie de les écarter des soins », poursuit la revue en égrenant leurs noms : l’attapulgite (Actapulgite, ou en association dans Gastropulgite), la diosmectite (Smecta ou son générique).

S’y ajoutent le Rennieliquo, le Bedelix à base de monmectite, présente aussi dans le Gelox, ainsi que le kaolin que contiennent Gastropax et Neutroses.

Maxilase pour les maux de gorge

L’alpha-amylase, une enzyme utilisée dans les médicaments « Maxilase maux de gorge », est également mise à l’index. L’Agence du médicament a récemment demandé que ce traitement soit retiré de la vente en accès libre en pharmacie car il peut engendrer des réactions allergiques parfois graves, voire mortelles. Un décès a été reporté en France en 2017.

Un corticoïde en pulvérisation buccale, le tixocortol (présent avec la chlorhexidine dans le Thiovalone et ses équivalents) pour le mal de gorge bénin est également à l’origine de réactions allergiques.

« Pas forcément de futurs Mediator »

Les médicaments visés dans cette liste sont des « causes de mortalité, d’hospitalisations ou d’effets nocifs graves ou très gênants, largement évitables », assure la revue. Ce « ne sont pas forcément de futurs ‘Mediator’, au centre de scandales et de procès impliquant notamment une firme et l’agence du médicament. Surtout si tous les acteurs de santé réagissent à temps », ajoute la revue.

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