ex-Directrice
de la sécurité alimentaire

chez Nestlé

Sa page Facebook ICI
Son Twitter ICI

«Lorsque j’ai porté plainte, ce n’était pas seulement pour moi, mais aussi pour que le public puisse être sensibilisé»

Le combat continue. Directrice de la sécurité alimentaire chez Nestlé durant les années 2000, Yasmine Motarjemi est en conflit avec le géant agroalimentaire de Vevey depuis son licenciement, survenu en 2010. Elle dénonce le harcèlement moral de son ancien supérieur direct depuis 2005 et accuse également l’entreprise d’avoir failli à sa protection.
Fin janvier, dans la motivation d’un verdict rendu l’été dernier, la justice reconnaissait les torts de son ancien chef, mais disculpe Nestlé. La multinationale aurait pris à l’époque les mesures nécessaires. Celle-ci se dit «satisfaite» de ce résultat et assure prendre au sérieux les questions de harcèlement. En désaccord, Yasmine Motarjemi dépose un recours, huit ans après sa plainte initiale. 


Les Gagnants 2019 du prix GUE / NGL pour « Les Journalistes, Lanceurs d’alerte et Défenseurs du Droit à l’information» sont :
Julian Assange, fondateur de WikiLeaks et actuellement en garde à vue au Royaume-Uni. Il a été expulsé de l’ambassade équatorienne la semaine dernière et se bat contre son extradition aux U.S.A. 
Yasmine Motarjemi, ancienne vice-présidente et lanceur d’alerte sur les manquements en matière de sécurité alimentaire chez Nestlé.
Rui Pinto, Lanceur d’alerte des Football Leaks, actuellement détenu au Portugal en raison d’un mandat d’arrêt.
Yasmine MOTARJEMI – GUE/NGL Awards 2019

Yasmine MOTARJEMI, lanceuse d’alerte à propos de la sécurité alimentaire chez Nestlé, a reçu le 16 avril dernier le " GUE/NGL Award for Journalists, Whistleblowers and Defenders of the Right to Information" Ce prix, en l’honneur de la journaliste d'investigation maltaise Daphne CUARANA GALIZIA assassinée en octobre 2017, a pour but de mettre en lumière des lanceurs d’alerte ou journalistes, trop souvent oubliés et délaissés des institutions et gouvernements qui pourtant votent des lois visant à protéger les journalistes et les lanceurs d’alerte.

Pubblicato da Lanceur d'alerte. su Venerdì 19 aprile 2019

Nestlé – Un procès à rebondissements

“On reconnaît que j’ai été mobbée*, mais on me refuse des dédommagements au motif que je n’aurais pas accepté les mesures prises par Nestlé, comme les offres de transfert. Ces propositions étaient des voies de garage: des postes humiliants, des tâches ingrates ou impossibles à exécuter. En 2009, j’avais pourtant accepté, à condition qu’il y ait un audit de la sécurité des aliments à l’interne. Le harcèlement subi, jamais reconnu par Nestlé, était une forme de représailles face aux dysfonctionnements que je dénonçais à l’interne concernant la sécurité alimentaire. On voulait me pousser dehors, à la faute, ou au suicide.”

Pourtant, ce n’est pas un procès sur la sécurité alimentaire

“Dans le cadre de mon procès pour harcèlement, j’ai soulevé les questions de sécurité alimentaire car ce mobbing visait à me faire taire. Le fait qu’on m’empêche de faire mon travail représente, en soi, un risque sanitaire: quand vous liez les mains du pilote d’un avion, qu’est-ce qui arrive? Mais je n’avais pas les moyens de faire deux procès. De plus, ce n’est pas moi qui suis victime de certains produits. C’est aux consommateurs de porter plainte et aux autorités de santé publique d’examiner les entreprises. Là où j’étais lésée et pouvais porter plainte, c’était le harcèlement. Ma lettre de licenciement mentionne bien que j’ai été renvoyée car l’entreprise et moi avions deux visions différentes sur ce sujet.”

Comment ce conflit s’est-il transformé en harcèlement ?

“Mon chef est arrivé juste après un grand scandale dans lequel Nestlé a dû retirer du lait infantile de plusieurs pays car il contenait des traces d’encre, l’affaire ITX (2005). Ce nouveau supérieur avait moins d’estime pour les questions de santé publique que moi, qui venais de l’Organisation mondiale de la santé. A la même époque, Nestlé a lié les bonus des cadres au retrait (ou non) de marchandises du marché, ce qui incite à ne pas les ôter lorsqu’un problème peut être mis sous le tapis.

Dans ce contexte, la sécurité alimentaire passe au second-plan et ma fonction de directrice de ce secteur devient une menace pour les managers. Mes recommandations étaient en contradiction avec leurs intérêts. On a donc commencé à m’ostraciser en arrêtant de me consulter, à m’isoler et à m’enlever mes équipes. Et finalement, à me dénigrer continuellement ou à me discréditer. Ce mobbing, c’était aussi un avertissement aux autres personnes qui veulent dénoncer des dysfonctionnements: malheur à celui par qui les problèmes arrivent.”

Existe-t-il une protection pour les consommateurs et les lanceurs d’alerte ? 

“Je suis contente que le tribunal ait reconnu le harcèlement. Mais cela concerne aussi le comportement odieux d’une entreprise. Harceler la directrice de sécurité des aliments pendant quatre années, alors qu’elle rapporte des dysfonctionnements dans le domaine alimentaire, puis la licencier et garder en place le harceleur, sans aucune sanction, montre un comportement monstrueux.

Lorsque j’ai porté plainte après mon licenciement, ce n’était pas seulement pour moi, mais aussi pour que le public puisse être sensibilisé. Je fais donc recours contre cette décision. Je la trouve dangereuse car elle va contre toute la tendance actuelle qui tend à protéger doublement les lanceurs d’alerte. Malheureusement, il n’y a pas de loi en ce sens en Suisse. Ce verdict n’est pas à la hauteur des enjeux, à savoir: la sécurité des aliments, la protection des consommateurs à travers le monde et le respect des droits humains.”

*Mobbing (ou Harcèlement au travail) comprend des actes dirigés par un individu ou un groupe de manière systématique à l’encontre d’une personne en particulier dans le but de l’inciter à abandonner son poste.

Article du 28 Feévrier 2019 – Lecourrier.ch


BTLV s’est rendu pour vous au Salon du Livre des Lanceurs d’Alerte à Paris samedi 26 novembre 2016. Au programme de cette vidéo, rencontres avec des acteurs clef du journalisme et des alertes : – Michèle Rivasi Députée européenne – Philippe Pascot Auteur | Ancien adjoint de Manuel Valls à Évry – Stéphanie Gibaud Ancienne cadre chez UBS – Yasmine Motarjemi Ex directrice de la sécurité alimentaire chez Nestlé – Jean-François Julliard Rédacteur en chef adjoint du Canard Enchaîné – Daniel Ibanez Organisateur du Salon du Livre des Lanceurs d’Alerte – Yannick Jadot Député européen écologiste | Candidat écologiste à l’élection présidentielle.

https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/des-citoyens-qui-changent-le-monde-6-yasmine-motarjemi-seule-contre

16.12.2015 – Procès contre Nestlé : la multinationale fait face à de lourdes accusations de mobbing – Le patron de Nestlé s’est déplacé. Une ex-cadre dénonce des manquements dans la gestion de la sécurité alimentaire. Elle dit avoir été victime de harcèlement moral. Voir VIDEO www.rts.ch

Un silence assourdissant… Et SCANDALEUX.

Lors de l’émission Infrarouge (RTS du 8 mai 2019) a-t-on voulu rendre muette la lanceuse d’alerte Yasmine Motarjemi pour éviter de rappeler les dysfonctionnements chez Nestlé?

Pourquoi n’avoir rien dit de son combat épuisant contre la multinationale qui avait choisi cette scientifique de haut vol comme directrice de la sécurité alimentaire au niveau mondial ? 
Pourquoi cette femme intègre a-t-elle été harcelée, humiliée alors qu’elle avait demandé à sa direction un audit afin de corriger de dangereux risques sanitaires? Refus au nom de l’optimisation financière?

Certes son procès en appel est en cours, mais ce combat exemplaire méritait une présentation. La RTS l’avait interviewée, lui promettant en vain un droit de suite. A l’exception du Courrier qui a rendu compte du jugement (article repris par La Liberté du 2 mars dernier) aucun média n’a suivi ce procès qui nous concerne tous. 
Le harcèlement a été reconnu, Nestlé l’avait toujours nié, prétendant paradoxalement avoir pris des mesures pour éloigner non pas le harceleur mais la victime. Elle a été licenciée.

Ne déconsidère-t-on pas les authentiques lanceurs d’alerte qui se battent pour préserver l’éthique au sein leur entreprise en donnant la priorité à certaines personnalités, choisies par Infrarouge, qui ont voulu monnayer leurs informations?

N’est-il pas étonnant que le public n’ait même pas été informé que Yasmine Motarjemi et Julian Assange venaient de recevoir du Parlement européen de Strasbourg le Prix de l’information et des lanceurs d’alerte 2019 ? 
Prix créé en hommage à la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia assassinée en 2017 pour ses révélations. 

Serèn Guttmann pour www.laliberte.ch

12 juin 2019 – Après 8 années de procédure judiciaire lourde et coûteuse, le tribunal décide de ne pas juger ma plainte contre Nestlé, même s’ il reconnait le mobbing. Il dit “plainte irrecevable” puis demande env €60 000! Yasmine Montarjemi. ⚠️ En procès depuis huit ans face à Nestlé, l’ancienne directrice de la sécurité alimentaire Yasmine Motarjemi a été reconnue victime de harcèlement moral. Mais la justice disculpe l’entreprise. ⚠️

Yasmine Motarjemi interpelle le nouveau dirigeant de Nestlé – Seule en procès face à la plus grande firme d’agroalimentaire après avoir été licenciée de son poste d’assistante-vice-présidente responsable de la sécurité alimentaire, Yasmine Motarjemi a interpellé le nouveau pdg de la multinationale quelques jours avant la tenue de l’assemblée générale des actionnaires de Nestlé. www.lelanceur.fr – 7 avril 2017  Par Mathilde Régis – Voir ARTICLE


Alain Robert – 3 janv. 2018

MUSIC



Axl Hair
– Ajoutée le 13 oct. 2017 – Inspirée par l’histoire de Yasmine Motarjemi, sur la base de la chanson Le Déserteur de Boris Vian. Dédiée à tous les lanceurs d’alerte et à celles et ceux qui se battent pour un meilleur monde. “Une injustice faite à un seul est une menace à tous” – Montesquieu