La future arme laser européenne sera française

En visite le 31 janvier dans l’entreprise orléanaise spécialisée dans les lasers et l’optronique, la ministre des Armées, Florence Parly, s’est montrée vivement intéressée par les projets de Cilas.

CILAS,  (Compagnie industrielle des lasers), entreprise spécialisée dans la conception et l’assemblage de lasers et d’optronique (optique plus électronique), a reçu la visite de la ministre des Armées, fin janvier, à Orléans La Source. L’occasion de signer une convention PME entre le ministère et ArianeGroup, co-actionnaire de l’industriel aux côtés de MBDA. Cette pépite technologique en a profité pour présenter son nouveau programme d’arme laser antidrone.


Cette filiale d’ArianeGroup, qui travaille à 60% pour la défense (française et étrangère), prépare, entre autres, la future arme laser européenne.

L’entreprise a déjà mis au point le Helma-P. Cette arme laser est capable de suivre et de détruire un micro-drone à 1.000 mètres de distance. Elle sera testée, de juin à octobre, à Biscarosse (Landes), pour une industrialisation un an et demi plus tard. 

De plus, Cilas dirige, depuis septembre dernier et jusqu’en 2022, un projet européen, Talos, avec quinze partenaires de neuf pays (dont Airbus, Ariane, MBDA, l’université de Limoges…), afin de mettre au point un laser à haute énergie, capable, “pour un euro” d’abattre un missile, une roquette ou un navire d’attaque.

Le projet, qui fera l’objet d’un démonstrateur en 2022 en Italie, contribuera à “la souveraineté de l’Europe”, comme l’a souligné la ministre. Cilas espère poursuivre avec le projet Talos 2, pour une “production en série en 2027”.

“Réduire les dommages collatéraux”

Cilas travaille sur l’arme laser, capable d’abattre un drone ou un missile en vol.

Les atouts du laser sont nombreux selon les ingénieurs de Cilas : “C’est un faisceau directif, prévisible, qui ne craint pas le vent. Il est invisible, ne provoque pas de fumée,de flamme, de recul ni de détonation. Il réduit les risques de dommages collatéraux. Il ne demande que de l’électricité, soit un coût de quelques centimes d’euros le tir”.

L’entreprise emploie 260 salariés, dont 225 à Orléans, et affiche un chiffre d’affaires de 47 millions d’euros. Elle fournit aussi des “désignateurs” de cibles à l’armée. Elle a, par ailleurs,  une équipe près de Bordeaux, dédiée au laser mégajoule du Commissariat à l’énergie atomique. Et une autre équipe dans les Bouches-du-Rhône, qui travaille notamment pour l’espace.

Ici, l’univers de la Guerre des étoiles n’est plus tout à fait de la science-fiction…

Carole Tribut www.larep.fr – le 07/02/2020

En 2018, Florence Parly avait découvert le 12e régiment de cuirassiers d’Olivet.
PHOTO : gaujard christelle 

L’Europe de la Défense se penche sur les lasers

Plusieurs acteurs européens se sont regroupés au sein du consortium Talos, visant à développer un effecteur laser à haute énergie.

Le 29 août, la société CILAS, membre du consortium Talos, a annoncé que des travaux dans le domaine des lasers à haute énergie allaient être conduits par plusieurs acteurs européens. Seize structures européennes, représentant neuf Etats, sont impliquées dans ce programme, à savoir des industriels, laboratoires de recherche et universités. Parmi les partenaires on note la présence d’Airbus, de MBDA, d’ArianeGroup, de Leonardo ou encore de l’ONERA. Les activités de certains dans le domaine des systèmes d’armes seront par ailleurs utiles afin de mettre au point une solution interopérable avec des technologies existantes.

Fond technologique abstrait – image générée par ordinateur. Œuvre d’art fractale – rayons lumineux traversant en diagonale les plaques de verre. Pour la conception de sites web, d’affiches, de bannières.

« Le projet baptisé TALOS (tactical advanced laser optical system) a pour objectif de développer une filière laser européenne, en vue d’un futur programme de réalisation d’effecteur laser pour des applications de défense à l’horizon 2025 », décrit CILAS. Un démonstrateur devrait être présenté d’ici trois ans, ainsi qu’une feuille de route, ouvrant la voie à de nouveaux développements en matière de défense. « La solution sera intégrable sur une plateforme mobile (navale, terrestre, aérienne) », précise l’industriel.

Ce projet arrive à point nommé, alors que de l’autre côté de l’Atlantique, aux Etats-Unis, les programmes et technologies intégrant des armes lasers sont nombreux. Les lasers à haute énergie permettent ainsi de faire face à des menaces de petite taille en limitant les dommages collatéraux. Ils s’avèrent particulièrement utiles dans le cadre de la lutte anti-drones ou bien pour neutraliser un objectif de type RAM (roquette, artillerie, obus de mortier).

www.air-cosmos.com – le 04/09/2019

Le missilier MBDA pousse ses pions à Bruxelles

Le fabricant a été retenu pour conduire des études de faisabilité d’un projet européen d’arme laser à haute puissance. Pour le missilier, les choix du futur Fonds européen de la défense seront clefs.

Défendre l’Europe de la défense n’est pas une sinécure. Antoine Bouvier est bien placé pour le savoir. Ces derniers temps, les déconvenues ont même été particulièrement nombreuses pour le patron de MBDA. Le missilier européen,  qui réalise plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires , a vu successivement la Pologne, la Suède et la Roumanie préférer s’abriter sous le parapluie américain, en consacrant des milliards à l’achat du système antimissile de Raytheon plutôt que d’investir dans le sien. Et à présent, la suspension informelle de l’Allemagne des exportations d’armes vers l’Arabie saoudite menace la finalisation de la vente par Londres de 48 avions de chasse Typhoon à Ryad et de la livraison des missiles air-air de longue portée Meteor de MBDA qui doivent les équiper.


Raytheon vend son système Patriot aux Emirats Arabes Unis

Le groupe américain de défense Raytheon a remporté un contrat de 1,55 milliard de dollars pour équiper les forces aériennes des EAU de plates-formes lance-missiles ainsi qu’un contrat de 353 millions de dollars pour les missiles Patriot nécessaires. L’accord a été signé lors du Salon IDEX, qui se tient cette semaine à Abu Dhabi. 


Ce week-end, le patron d’Airbus Defense and Space, Dirk Hoke, est monté au créneau pour dénoncer un grave problème. Sur le départ, le patron d’Airbus s’est aussi demandé au nom de quelle supériorité morale l’Allemagne pouvait bloquer le Royaume-Uni, la France et l’Espagne. Alors qu’Antoine Bouvier appelle Paris et Berlin à mettre en place une instance de concertation commune, il insiste sur la révolution à bas bruit qui peut se jouer avec la création d’un nouveau Fonds européen de défense géré par la Commission européenne avec l’expertise de l’Agence européenne de défense.

Un consortium avec ArianeGroup pour les lasers

Fort d’un capital réparti entre Airbus (37,5 %), BAE Systems (37,5 %) et Leonardo (25 %), MBDA a poussé auprès de l ‘Agence européenne de défense (AED) et des 25 Etats, qui souhaitent collaborer dans la défense, des dossiers essentiels pour la souveraineté future de l’Europe. Une quarantaine de projets ont réuni les bonnes volontés et nombre d’entre eux pourront s’inscrire dans le futur Fonds européen de défense, qui devrait être doté de 13 milliards d’euros sur 2021-2027. MBDA participe par exemple au consortium Ocean 2020 emmené par Leonardo pour étudier l’armement de drones embarqués sur navires.

Mais le missilier vient aussi de qualifier dans différents consortiums trois dossiers essentiels pour l’avenir de la souveraineté du Vieux Continent. L’un consiste à établir une cartographie des dépendances européennes vis-à-vis des composants soumis à la réglementation américaine ITAR. Il s’agit ainsi de repérer quelles sont les armes dont l’exportation dépendrait du bon vouloir des Etats-Unis.

Une arme laser

Dans le même ordre d’idée, un projet visant à développer à terme une filière européenne indépendante de composants électroniques FPGA pour les applications militaires et spatiales, vient d’être validé à Bruxelles.

Enfin, l’Agence européenne de défense a sélectionné un consortium emmené par Cilas, filiale d’ArianeGroup avec MBDA, pour conduire les études de faisabilité du projet européen TALOS (Tactical Advanced Laser Optical System) d’arme laser à haute puissance. Ces premiers travaux s’inscrivent dans l’ambition d’équiper d’armements laser les forces dès 2027. Les montants d’aide en jeu sont minimes, mais les projets actuellement sélectionnés sèment les graines pour le futur, insiste Antoine Bouvier.

www.lesechos.fr – Par Anne Bauer Publié le 19 févr. 2019 à 8h44

Cela fait déjà un certain temps que le Pentagone s’intéresse de très près aux capacités que sont susceptibles d’offrir les armes à effet dirigé [ou lasers]. Ces dernières, très précises, permettraient en effet de détruire une cible à coût très bas par rapport à un missile.

Un laboratoire d’essai pour armes laser a été inauguré à Bordeaux

AVRIL 2019

L’US Navy a ainsi lancé les programme LaWs [Laser Weapon System] et Mobile Active Targeting Resource for Integrated Experiments [MATRIX] tandis que l’US Army a financé des démonstrateurs, comme le HEL MD [High Energy Laser Mobile Demonstrator] de Boeing et confié à Lockheed-Martin le soin de conduire le « Robust Electric Laser Initiative Program », lequel a donné lieu à l’Advanced Test High Energy Asset [ATHENA], qui a la particularité de concentrer plusieurs faisceaux laser, ayant chacun une longueur d’onde précise, en un seul.

Quant à l’US Air Force, elle mena plusieurs projets qui ne purent aboutir, comme l’ »Airborne Laser Testbed » [YAL 1A ou ALTB], testé à bord d’un Boeing B-747, ou encore l’Advanced Tactical Laser [ATL], montée à bord d’un NC-130. Mais, les avancées technologiques aidant, d’autres programmes ont vu le jour. Ainsi, Lockheed-Martin s’est vu notifier un contrat pour mettre au point un démonstrateur de laser à fibre de haute puissance destiné à armer les avions de combat tactique au titre du programme SHiELD [Self protect High Energy Laser Demonstrator]. Un F-15 servira d’ailleurs de banc d’essai.

La Russie est également dans la course, avec son canon laser « Peresvet », lequel serait déjà en service au sein de ses forces armées. Mais on ignore encore ses capacités et ses performances…

En Allemagne, Rheinmetall est particulièrement en pointe dans ce domaine. En mars, l’industriel allemand a annoncé avoir testé avec succès un tel système pouvant être armé de lasers affichant une puissance de sortie de 100 kW. Et MBDA n’est pas en reste, le missilier ayant participé au programme AD-HELW [Air Defense – High Energy Laser Weapon] de l’Agence européenne de défense [AED]. En 2011, le prototyme d’une arme C-RAM, d’une puissance de 10 kw, avait d’ailleurs été testée avec succès.

Sur son site Internet, MBDA dit avoir « plus de 30 ans d’expérience » dans le domaine des laser, ce qui lui permet de « fournir des solutions complètes complétant les systèmes d’armes classiques à effecteurs laser. » Et pour renforcer ses compétences, l’industriel s’est associé à ALPhANOV, le centre technologique du pôle de compétitivité « RLH : Route des Lasers et Hyperfréquences » pour inaugurer, à Bordeaux, le laboratoire VTF [Vulnerability Test Facility – Banc de vulnérabilité laser].

« Ce nouveau moyen d’essais dont le développement a été initié en 2016, met en œuvre des sources laser de puissance réglables de 1 à 10 kW, de multiples moyens de mesure [imagerie rapide, visible et infrarouge, pyromètres, thermocouples], pour tester les effets du laser sur les matériaux. Cette coopération inclut la réalisation de ce banc, mais aussi sa mise en œuvre conjointe sur une durée de quatre ans », précise MBDA, via un communiqué.

Ce laboratoire vise à simuler les imperfections de pointage d’un faisceau en dynamique et de reproduire les conditions d’un tir réel sur une cible en défilement et en autorotation.

Cela « permettra de modéliser les interactions complexes entre l’énergie déposée par le laser et la matière afin de définir avec précision les contraintes portant sur chacun des éléments d’une arme laser [source laser, précision du pointage, asservissements de tourelle, focalisation du faisceau, etc…] et optimiser les architectures futures de ces systèmes, face aux différents types de cibles [aéronefs, missiles, drones, obus, capteurs optiques, véhicules, navires, etc] qu’ils pourront être amenés à engager », explique MBDA.

Selon Antoine Bouvier, le Pdg de MBDA, l’inauguration de ce laboratoire, qui permettra de « spécifier » les futures armes laser, constitue une « étape majeure sur le chemin qui mène à la maîtrise totale des armes laser et à une autonomie stratégique en la matière. »

PAR LAURENT LAGNEAU · 11 AVRIL 2019 – Photos : MBDA

Prototype de laser haute énergie C-RAM

26 SEPTEMBRE 2011

Le missilier européen MBDA a annoncé avoir réalisé une avancée majeure dans le domaine des armes lasers de contre mesure (DIRCM, Directional InfraRed Counter Measure). Un laser de puissance de 10 kW a été dirigé sur une cible en mouvement à longue distance, tout en conservant un faisceau de haute qualité grâce à un principe de couplage géométrique breveté par MDBA.

Ce prototype entre dans la gamme des C-RAM (Counter – Rocket, Artillery and Mortar) mais contrairement à ses homologues type Phalanx CIWS qui souffrent de leur courte portée, leur consommation rapide de munitions et leur temp d’atteinte de cadence de tir maximale, les systèmes d’armes lasers entendent tirer profit des propriétés de la lumière : directivité, vitesse de la lumière, temps de réaction et cadence illimitée !

Dans le cadre de l’étude de protection des forces AD-HELW (Air Defense – High Energy Laser Weapon) conduite pour le compte de l’Agence Européenne de Défense (AED) depuis 2009, un consortium européen regroupant :

  • la Compagnie Industrielle des lasers CILAS (Orléans),
  • l’INETI (Instituto Nacional de Engenharia, Tecnologia e Inovação de Lisbonne),
  • la MUT (Military University of Technology de Varsovie),
  • l’agence aérospatiale allemande DLR (Deutsches Zentrum für Luft und Raumfahrt),
  • et l’ISL (Institut franco-allemand de recherches de Saint-Louis),

s’est rassemblé autour de l’ex-LFK (MBDA Deutschland depuis mars 2006) pour mener à bien le développement des éléments principaux du système. Des études d’intégration avec le matériel le plus approprié ont également été réalisées et conduiront bientôt à la sélection finale des éléments constituant la future plateforme du système d’arme laser, en étroite consultation avec les utilisateurs et les fournisseurs.

Le démonstrateur laser a effectué sous l’égide de l’office fédéral allemand de la technique militaire et des approvisionnements (BWB, Bundesamt für Wehrtechnik und Beschaffung) plusieurs essais sur le site bavarois WTD 52 (WehrTechnische Dienststellen).

L’entreprise affirme donc avoir démontré des effets sur des cibles dynamiques poursuivis par le faisceau à plus de 2300 mètres de distance et avec un différentiel d’altitude de 1000 mètres, sous des conditions environnementales réelles. Ce projet jette donc les bases du développement de systèmes armes lasers C-RAM.

Sources :
– communiqué de presse du 22 septembre 2011 d’EADS
– rapport annuel 2008 de la R&T de l’AED
– article du 22 septembre 2011 d’Arès, le blog des technologies de défense d’AviationWeek

Discours prononcé par la ministre des Armées le 26 septembre 2019 à Balard, au ministère des Armées.

Ces pays arment l’armée française

par Patrice Bravo (son site)  – lundi 13 janvier 2020

L’armée française a respectivement commandé à la firme autrichienne Glock de nouveaux pistolets, à l’armurier allemand Heckler & Koch le fusil d’assaut HK416F et à la société belge FN Herstal le nouveau fusil de précision SCAR.

Du 24 au 28 juin 2013 s’est deroule au CEITO le challenge TELD (tireur d’elite longue distance). 17 groupes provenant de regiment d’infanterie ont repondu a l’invitation.

12.000 exemplaires du HK416F doivent être livrés en 2020 pour remplacer le fusil d’assaut made in France (Famas). 75.000 pistolets semi-automatiques, pour un montant de 44 millions d’euros en provenance de la firme autrichienne Glock devront d’ici à 2022 équiper l’ensemble de des forces françaises en remplacement des pistolets MAC 50 et PAMAS G1. Cette livraison comprend des systèmes d’aide à la visée nocturne, également fournis par Glock qui s’est allié à la société tchèque Sellier et Bellot pour les munitions et à l’entreprise américaine UTM pour les kits d’entraînement. Glock équipe déjà de pistolets plusieurs unités françaises comme le GIGN, le Raid ou encore les forces spéciales. 2.600 exemplaires du nouveau fusil de précision de fabrication belge SCAR doivent être fournis d’ici à la fin 2021 à l’armée française.

Les pistolets MAC 50, en service depuis 1953, étaient produits par la Manufacture d’armes de Châtellerault. Les PAMAS G1, une version du Beretta 92F, étaient fabriqués à Saint-Etienne dans les années 1990.

Florence Parly, la ministre des Armées, a salué l’arrivée de nouvelles armes sur Twitter : « 74 596. C’est le nombre de nouveaux pistolets semi-automatiques qui seront livrés d’ici 2022 aux forces armées françaises. Les premiers exemplaires sont déjà arrivés fin 2019 ».

« Arme indispensable au combattant, ces pistolets incarnent le renouveau des équipements « à hauteur d’homme » que la loi de programmation militaire permet ».

Les trois armées – terre (80% des livraisons), air (10%) et marine (8%) – et d’autres services interarmes sont concernés par l’intégration de ces nouvelles armes. Les premières livraisons ont débuté fin 2019 a d’ailleurs précisé le ministère dans son communiqué.

Source : http://www.observateurcontinental.fr/?module=news&action=view&id=1316

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