Cold Case : Affaire Dutroux

Affaire Dutroux et les trente témoins morts :
Un cas d’école de réseau pédocriminel

Par Jonathan ExoPortail – août 31, 2019 pour exoportail.com

Venons-en maintenant à la question évidente : quelle est la mystérieuse organisation qui est responsable de ce génocide miniature ?

La seule certitude que nous ayons, c’est que si elle existait vraiment, la justice ne s’en serait pas aperçue – en tout cas, pas à partir de ces trente témoins décédés. En 2001, le journaliste Piet Eekman, de la chaîne de télévision allemande ZDF, avait déjà posé tout haut quelques questions basées sur une quinzaine de cas.

«Que voulez-vous, les gens meurent, c’est comme ça», avait réagi le ministère de la Justice. «Et dans ces milieux-là, il y a sans doute un peu plus de gens qui meurent

Sept meurtres, dix suicides, cinq accidents de la circulation, et huit cas de mort «naturelle» – pas toujours si naturelle que ça, d’ailleurs…

Anna Konjevoda, témoin détenant des informations sur certains complices de Dutroux. Repêchée dans la Meuse. Battue et étranglée avant d’être jetée à l’eau.

Michel Piro, proxénète propriétaire d’une boîte de nuit. Abattu sur un parking d’autoroute, deux jours avant de rencontrer des parents de petites victimes de Dutroux.

Brigitte Jenart, dentiste bruxellois, témoin important. Retrouvée morte chez elle. Suicidée.

Christian Coenraedts, détenu à Bruxelles. Devait être interrogé sur ses liens avec Dutroux et son complice Bernard Weinstein. Evadé la veille de son interrogatoire, pendant un transfert. Retrouvé assassiné un mois plus tard, dans la banlieue bruxelloise.

Bernard Weinstein, complice de Dutroux. Retrouvé près du corps de Julie et Melissa dans une propriété de Dutroux. Enterré vivant, après une absorption de Rohipnol, tranquillisant avec lequel Dutroux avait l’habitude de neutraliser ses victimes.

José Steppe, petit truand de Charleroi. Contacte un journaliste pour lui confier des informations sur Dutroux. Meurt chez lui, juste avant la rencontre. Victime d’une crise d’asthme. Dans son appareil respiratoire, on aurait retrouvé du benzodiazépine, le même principe actif contenu dans le Rohipnol.

Guy Geubels, gendarme. Suicidé avec son arme son service. Il ne cachait pas son désir d’élargir l’enquête sur la mort de Julie et Melissa. La mère de cette dernière, Carole Russo déplore : “à chaque fois que nous avons demandé des informations sur sa mort, la justice nous a donné des réponses différentes”.

Brune Tagliaferro, ferrailleur connu de Dutroux. Empoisonné près de Charleroi. Sa compagne Fabienne Jaupart accuse : “Bruno m’a dit qu’il en savait trop et qu’il serait bientôt mort.”

Fabienne Jaupart, amie du précédent. Retrouvée morte, à moitié carbonisée, dans son lit. Matelas imprégné de méthanol. On lui avait refusé la protection policière qu’elle avait réclamée, s’estimant menacée.

Gina Bernaer, assistante sociale, membre de l’association Morkhoven. Se sentait menacée. Accident de voiture.

Jean-Paul Taminiau, videur puis propriétaire d’un night-club-bordel. Détenteur de la clé d’un garage voisin d’un autre, appartenant à Dutroux. On a repêché son pied dans un canal. Le reste du corps n’a jamais été retrouvé. Sa mère est la seule à se battre pour connaître la vérité sur cette mort…

François Reyskens, vingt-huit ans, toxicomane. Ecrasé par un train à Seraing, juste avant d’être entendu par les gendarmes sur la disparition de Melissa.

Simon Poncelet, policier à Mons. Tué de quatre balles à bout touchant. Son père, avocat général de Tournai, déclare : “Il existe deux possibilités : un règlement de compte interne pour lequel je ne vois aucun mobile. Soit c’est lié au trafic international de voitures qui occupait toute l’énergie de mon fils”.

La plupart de ces témoins transmettait ses informations à la gendarmerie ou à la court de justice, avant de perdre la vie peu après. La façon volontairement déficiente des services juridiques de traiter ces disparitions, et le silence quasiment complet des médias sur ces témoins décédés, en dit beaucoup sur leur complicité.
Pendant son apparition au procès-Dutroux, un Jean-Marc Connerotte brisé résumait correctement que ‘jamais auparavant avait-on gaspillé tant d’énergie à l’enrayage d’une investigation’. La police l’alertait que des contrats était préparés pour ‘terminer’ les magistrats si nécessaire. Connerotte-même se faisait transporter dans une voiture pare-balles. Selon le juge, Nihoul profitait d’une certaine protection et était hors d’atteinte.
Que la piste des réseaux pédophiles fut étouffée sera confirmé par le témoignage d’une victime connue de pédophilie. Durant l’arrestation de Dutroux, Régina Louf reconnaît Michel Nihoul à la télévision comme un de ses bourreaux. Selon elle, Nihoul jouait un rôle central dans l’organisation des Ballets Roses : des réunions aux années ’80 où des filles mineures furent horriblement abusées par différents personnages. Elle témoigne que Michel Nihoul, ensemble avec Annie Bouty, avait tué une autre victime Christine Van Hees de façon rituelle. Elle décrit exactement tous les détails du meurtre comme les investigateurs les avaient découverts. Régina connaît aussi d’autres victimes du réseau comme Carine Dellaert, Catherine De Cuyper et plusieurs autres filles.
Durant les sévices, Régina reconnaît des politiciens, elle nomme des juges haut placés, des officiers de police et des hommes d’affaires. Les interrogations de Régina font resurgir des noms comme Paul Van den Boeynants, Maurice Lippens, Melchior Wathelet, Wilfried Martens, des membres de la famille royale et différents autres. Les interrogations originelles (choquantes) de Régina comme témoin X1, (pp. 8 à 1083), ainsi que celle de X2 (pp.1083 à1100) et X3 (pp.1100 à1105), y inclus les noms et perversions des participants, ont transpiré sur l’internet. En effet, durant l’investigation, Michel Nihoul avait à quelques reprises nommé Paul Van den Boeynants comme participant aux partouzes. Nihoul réglait les fonds des campagnes électorales de l’ancien premier ministre.
Que des notables cités par leur nom étaient présents aux partouzes ne signifie pas que tous ces hommes sont des pédophiles cruels. Certains étaient leurrés par Nihoul afin de les enregistrer en compagnie de mineurs. Les tactiques de chantage par Nihoul étaient inhérentes à son organisation et étaient très lucratives. Pour prouver qu’il ne bluffait pas, Nihoul avait essayé plusieurs fois de régler une vente de telles photos avec des agences de presses étrangères comme Der Spiegel ou Canal+. Si Nihoul était vraiment en possession de tels matériels sensibles, on peut comprendre pourquoi la piste de réseaux autour de sa personne fut étouffée. On a commis l’erreur de jouer à son jeu de chantage.
Ce qui n’est point excusable : la disparition à Liège de deux nouvelles filles indique que les réseaux pédophiles continuent leur travail invariablement. Il est recommandable que les personnes qui se font plaisir avec de telles perversions se regardent dans le miroir, et se réalisent qu’ils ont tort.

Marc Dutroux faisait dans le trafic de voitures. Mais cette partie de l’affaire est détachée du dossier des abus sexuels d’enfants. Les deux activités criminelles de Marc Dutroux semblent inséparables, mais elles sont traitées par deux parquets différents : Nivelle et Neufchâteau. Le père du policier assassiné, l’avocat général Guy Poncelet avoue : “Je ne comprends pas ce saucissonnage.” Et il ajoute : “Je ne peux que constater qu’il y’a certains décès opportuns, opportun du point de vue du moment, et je me pose des questions.” Ce que la thèse officielle du prédateur pervers et solitaire n’arrive pas à expliquer, c’est la source des revenus de Marc Dutroux. Certes il bénéficiait d’aides sociales, faute de revenus déclarés. Mais comment pouvait-il être propriétaire de cinq maisons, de portefeuilles d’actions et de plusieurs comptes en banque ? Kidnapper et violer des enfants (sans jamais demandé de rançon) ne rapporte rien.

D’où venait l’argent de Dutroux ?

Source : http://mk-polis2.eklablog.com/piqure-de-rappel-une-trentaine-de-temoins-ont-ete-assassines-dans-l-af-a125624020

Les 30 témoins morts du procès Dutroux

B. F. Publié le vendredi 23 avril 2004 – www.dhnet.be

L’éternelle question des coïncidences troublantes

BRUXELLES  – «Lorsque j’ai entamé mes recherches pour ce livre, il y a plus de deux ans, il avait pour titre provisoire: Les témoins morts, 18 personnes qui ne parleront pas au procès Dutroux. Il s’annonçait peu épais et concis. Mais la liste n’a cessé de s’allonger», raconte Douglas De Coninck, journaliste au Morgen, auteur d’un nouveau livre sur l’affaire Dutroux, à paraître lundi prochain. Titre: «30 témoins morts» (*).

Douglas De Coninck, on apprécie ou pas. C’est l’un des plus ardents défenseurs de la thèse des réseaux. Il est persuadé, par exemple, que Régina Louf dit la vérité.

Dans son nouveau livre, le journaliste polémique passe en revue 30 décès survenus de près ou de (parfois très) loin dans la sphère de Marc Dutroux, dans celle de ses complices présumés ou de gens qui auraient pu l’être, voire dans l’entourage de l’enquête en général. «Sept meurtres, dix suicides, cinq accidents de la circulation et huit morts naturelles», comptabilise D. De Coninck.

Le livre évoque notamment la mort de Bruno Tagliaferro, décédé en novembre 1995, sans doute empoisonné. Selon sa femme, Fabienne Jaupart, elle-même décédée plus tard dans des circonstances troubles, il était convaincu d’avoir fait disparaître le véhicule qui a servi pour l’enlèvement de Julie et Mélissa.

Parmi les 30 témoins décédés, Jean-Marc Houdmont, mort le 25 février 1997 dans un accident de la route bizarre. L’homme était suspecté de l’enlèvement d’Elisabeth Brichet. Il est mort une heure avant son audition par la gendarmerie et un coup de téléphone dans lequel il parlait de «révélations». Selon des témoins, c’était un copain de Nihoul.

Le livre évoque aussi la mort d’un premier complice de Dutroux, Jean Van Peteghem, du frère de Marc Dutroux, Serge, de Jean-Pol Taminiau, qui gravitait dans le milieu louche carolo, ou de bien d’autres personnes comme des témoins spontanés dans le dossier de Neufchâteau.

En huit ans, forcément, des gens sont morts. Mais il y a trop de coïncidences, soutient Douglas De Coninck: «Un seul homme. Quatre enfants assassinées. Et trente cadavres autour. Peut-être que c’est le hasard qui a frappé trente fois, mais seul celui qui ne pose pas la question connaît la réponse.» 

(*)Douglas De Coninck, 30 témoins morts, Editions Mols.

Vidéo à voir : https://gloria.tv/video/troEREsAYZfw4ngWunQPvcB7t

Les “Leaks” de l’affaire Dutroux par Wikileaks

https://file.wikileaks.org/file/dutroux-dossier-summary-2005.pdf

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