Protéger les lanceurs d’alertes, ce Bordelais dont la France ne veut pas !

Gilles Raymond est un entrepreneur bordelais des médias qui a créé une fondation pour offrir une protection concrète aux lanceurs d’alertes : The Signals Network. 

Son ambition : Protéger les lanceurs d’alerte au-delà de ce que peuvent les médias eux-mêmes.

“C’était une première ce jeudi matin de juin 2018, quand cinq journaux internationaux ( « Die Zeit », « The Daily Telegraphe », « The Intercept », « WikiTribune » et le français Mediapart) affichent le même article en Une : un appel aux lanceurs d’alertes pour faire remonter des informations sur les abus dans le domaine des données personnelles. 

Les lanceurs d’alertes qui répondront à cet appel pourront demander l’assistance de la toute nouvelle fondation The Signals Network , créée en fin 2017.

Elle est à mettre au crédit d’un entrepreneur bordelais, Gilles Raymond fondateur de News Republic, un agrégateur de contenu revendu au chinois Cheetah en 2016 pour 57 millions de dollars.

«Il faut redonner aux médias leur leadership pour lancer des enquêtes de leur choix sans attendre le bon vouloir d’informateurs, explique-t-il. Avec The Signals Network l’objectif est de construire un refuge pour les lanceurs d’alertes, ces héros du XXIe siècle qui payent souvent très cher leur courage.»

Fondation de droit américain

De droit américain, à défaut d’avoir pu être créée sous l’égide de la Fondation de France, The Signals Network s’est entouré d’une dizaine de spécialistes.

Delphine Halgand, l’ancienne patronne de Reporter sans Frontières en Amérique du Nord, en assure la direction opérationnelle. On y trouve aussi Antoine Deltour à l’origine des Luxleaks, John Kiriakou un ancien analyste de la CIA qui avait révélé l’usage de la torture, ou encore William Bourdon l’avocat de plusieurs lanceurs d’alertes. 

« Nous avons rencontré les responsables des cellules investigation des journaux pour organiser les choses en amont. Nous n’avons pas d’influence sur les choix éditoriaux et ne sommes pas davantage impliqués dans le traitement de l’information », insiste Gilles Raymond.

Six niveaux de protection

Le rôle de la fondation est d’organiser et de financer un programme portant sur six niveaux de protection des lanceurs d’alertes. Depuis l’assistance juridique, psychologique, technique pour protéger la vie privée, jusqu’à la possibilité d’une mise au vert temporaire. « Je ne connais rien d’équivalent dans le monde et notamment quant à ce partenariat avec les médias », assure Antoine Deltour. 

Un premier réseau de partenaires, notamment avec des avocats a déjà été constitué dans les pays d’Europe. Gilles Raymond est pour l’instant seul à financer cette fondation mais va chercher d’autres partenaires. « Le budget nécessaire pourrait atteindre 1 million d’euros voire davantage si de nombreux lanceurs d’alertes répondent à ce premier appel », dit-il.  

Source : www.lesechos.fr –  le 21 juin 2018 

« Pour que les choses soient claires, The Signals ne demande pas à de potentiels lanceurs d’alerte d’agir illégalement, pas plus qu’il ne les encourage ou leur conseille de le faire » 

La fondation ne reçoit aucune information. Elles sont transmises par e-mail à chaque média (comme lanceurdalerte [@] mediapart [.] fr), qui les analyse avec les autres membres du réseau.
The Signals aidera sur le reste, par exemple un soutien juridique ou psychologique, notamment si l’affaire va en justice, voire pour protéger sa vie privée.


Gilles Raymond, fondateur de The Signals Network, explique comment sa fondation soutient l’enquête de cinq médias sur l’utilisation abusive des données personnelles.

https://www.linkedin.com/in/gillesraymondmobile/

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