ACCORDER L’ASILE POLITIQUE À JULIAN ASSANGE

Le PTB a introduit à la Chambre une proposition de résolution pour que la Belgique accorde l’asile politique à Julian Assange, s’il en fait la demande.

le 3 février 2020 – www.ptb.be

Des médecins de divers pays estiment que le fondateur de Wikileaks pourrait mourir dans sa cellule britannique, tant sa santé physique et mentale est préoccupante. Nils Melzer, le rapporteur spécial des Nations unies contre la torture, a indiqué qu’Assange présentait des signes de torture psychologique.

Le député fédéral Marco Van Hees, un des auteurs de la proposition, relève : « Julian Assange est actuellement incarcéré à la prison de haute sécurité de Belmarsh, souvent décrite comme la version britannique de Guantánamo. Il risque d’être extradé vers les États-Unis, où il encourt 175 ans de prison pour de prétendues activités d’espionnage. Mais de quoi parle-t-on ? On lui reproche d’avoir divulgué en 2010, par le biais de Wikileaks, des images de crimes de guerre américains en Afghanistan. Il a également montré comment les États-Unis espionnent à grande échelle les autres pays du monde. En réalité, ce sont les auteurs d’une politique criminelle qui criminalisent et persécutent un homme ayant osé dévoilé leurs sombres pratiques. »

À ce propos, Nils Melzer indique que les droits de Julian Assange « ont été systématiquement bafoués à tous les stades de la procédure » et qu’« en 20 ans de travail avec les victimes de la guerre, de la violence et de la persécution politique », il n’a jamais vu « un groupe d’États démocratiques s’unir pour isoler, diaboliser et maltraiter délibérément un seul individu depuis si longtemps et avec si peu de respect pour la dignité humaine et l’État de droit ».

« Cet acharnement contre Assange, note Marco Van Hees, se déroule dans un contexte où, un peu partout dans le monde, les journalistes sont de plus en plus victimes de répression. Y compris dans l’Union européenne, puisque tant Malte que l’Irlande, la Bulgarie et la Slovaquie ont récemment déploré la mort de journalistes critiques. L’Europe observe une augmentation du nombre de gouvernements autoritaires, qui à la fois érodent l’État de droit et cultivent un discours politique radicalisé, qui, dans la pratique, conduit à la polarisation et à la violence. »

C’est pour ces raisons que nous estimons que la Belgique doit accorder l’asile politique à Julian Assange et à d’autres lanceurs d’alerte qui défendent les idées démocratiques. La Belgique pourrait ainsi renouer avec son rôle de pionnier en matière de droits de l’Homme. En 1830, dans l’Europe de l’absolutisme, la Belgique a choisi une autre voie, celle des droits de l’Homme et, ce faisant, elle a contribué au développement de la pensée démocratique et critique. Souvenons-nous de Karl Marx, de Victor Hugo et d’autres démocrates qui se sont réfugiés dans notre capitale après l’échec de la révolution de 1848. Accorder l’asile à Julian Assange nous donnerait l’occasion de renouer avec ce rôle historique joué par la Belgique.

La proposition du PTB est ouverte à la co-signature des autres partis.

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Rony Brauman, ancien président de MSF, évoque les liens entre Assange et les différentes ONG – 3 février 2020

Pourquoi l’Équateur a retiré l’asile et sa nationalité à Julian Assange

Réfugié depuis près de sept ans dans l’ambassade équatorienne à Londres, le fondateur de WikiLeaks avait obtenu la nationalité du pays en janvier 2018. Après des mois de tensions, tout a pris fin jeudi 11 avril.

La nouvelle est tombée très tôt ce jeudi matin en Équateur :“Julian Assange, activiste australien et fondateur de WikiLeaks, a été arrêté à Londres après la décision prise par le gouvernement équatorien de mettre fin à sa période d’asile”, relate El Universo.

Le lanceur d’alerte Le journaliste était réfugié depuis six ans et dix mois dans l’ambassade du pays à Londres. “Il n’a pas quitté le bâtiment, espace diplomatique équatorien, depuis juin 2012 par peur d’être arrêté puis extradé aux États-Unis, où il est poursuivi pour avoir publié des milliers de documents confidentiels diplomatiques et militaires”, poursuit le quotidien équatorien.

Pour expliquer la décision de mettre fin à cet asile, le président équatorien Lenín Moreno a mis en avant “une conduite irrespectueuse et la violation de conventions internationales” de la part de Julian Assange. El Universo rapporte que le dirigeant équatorien a assuré que “le gouvernement britannique a confirmé par écrit qu’il ne livrerait pas Assange à un pays où celui-ci risque la torture ou la peine de mort”.

www.courrierinternational.com – Publié le 11/04/2019 

“Il n’aurait pas droit à un procès équitable”

 le 16 août 2012 

Quito considère que Julian Assange dernier “n’aurait pas droit à un procès équitable” s’il était extradé aux Etats-Unis, a précisé le ministre équatorien des Affaires étrangères Ricardo Patiño.“Il pourrait être jugé par des tribunaux spéciaux ou militaires et il n’est pas improbable qu’un traitement cruel et dégradant lui soit réservé et qu’il soit condamné à la peine capitale”, a-t-il insisté.

Mais avant même cette annonce, les autorités britanniques avaient répété que, asile politique ou non, le fondateur de WikiLeaks resterait sur son territoire. Du moins jusqu’à son extradition en Suède, où l’Australien à la crinière grise est accusé d’agression sexuelle. “Conformément à notre législation, M. Assange ayant épuisé toutes ses possibilités d’appel, les autorités britanniques sont dans l’obligation de l’extrader vers la Suède. (…) La décision du gouvernement équatorien ne change rien à cela”, a d’ailleurs très vite réagi le Foreign Office.

Le parquet suédois a annoncé mardi 19 novembre 2019 l’abandon, faute de preuves suffisantes pour un procès, des poursuites pour viol contre Julian Assange.

La fin d’une saga judiciaire au long cours pour Julian Assange ? La plainte pour viol déposée en 2010 à l’encontre du fondateur de WiliLeaks a été classée sans suite, mardi 19 novembre par la justice suédoise. Un constat d’échec pour le parquet, qui s’estime être dans une impasse en raison de la situation personnelle de l’Australien, actuellement en détention à Londres.

Devant la presse, la procureure en chef adjointe, Eva-Marie Persson, a justifié le choix de la justice suédoise : “Beaucoup de temps s’est écoulé depuis les faits avec pour conséquence d’affaiblir les éléments de preuve (…) au point que j’ai décidé de classer l’enquête sans suite”. “Tous les actes d’enquête ont été épuisés (…) sans apporter les preuves requises pour une condamnation”, alors que les faits seront prescrits le 17 août 2020, a-t-elle ajouté. D’ici là, la partie civile a néanmoins la possibilité de faire appel de cette décision.

L’enquête classée une première fois en 2017 

Agée d’une trentaine d’années à l’époque des faits en août 2010, la plaignante suédoise accusait l’Australien de l’avoir violée pendant qu’elle dormait et sans préservatif, alors qu’elle lui avait refusé tout rapport non protégé à plusieurs reprises. Julian Assange, qu’elle avait rencontré à Stockholm lors d’une conférence de WikiLeaks, a toujours nié les faits de viol, et soutient qu’elle était consentante et avait accepté de ne pas utiliser de préservatif.

L’enquête suédoise avait été classée une première fois en 2017 faute d’entrevoir la sortie du mis en cause de l’ambassade équatorienne avant la prescription des faits, mais rouverte en mai dernier après son interpellation par la police britannique le 11 avril.

Si cet abandon de l’enquête constitue un soulagement pour Julian Assange, ses ennuis judiciaires ne sont pas terminés. Détenu dans une prison de Londres, il est en effet sous la menace d’une extradition vers les Etats-Unis où il encourt une peine allant jusqu’à 175 ans d’emprisonnement pour espionnage. Les autorités américaines lui reprochent en effet d’avoir mis en danger certaines de leurs sources au moment de la publication en 2010 de 250.000 câbles diplomatiques et d’environ 500.000 documents confidentiels portant sur les activités de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. 

Mélenchon redemande que la France offre «l’asile politique» à Julian Assange

Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a, de nouveau, réclamé ce jeudi 11 avril que la France offre « l’asile politique » au fondateur de WikiLeaks Julian Assange, arrêté par la police britannique dans l’ambassade d’Equateur.

« L’honneur de notre pays doit être de lui accorder l’asile politique au moment où sa liberté est menacée », a-t-il plaidé, faisant valoir qu’il « a agi pour la cause de la liberté et de l’indépendance de la France en révélant des pratiques agressives contre nous ».

« La France aurait dû accorder l’asile à Julian Assange depuis des années ! », a abondé sur Twitter le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan : « Accueillir les lanceurs d’alerte, défenseurs de la démocratie, devrait être l’honneur de notre pays. »

En juin 2016, Marine Le Pen avait également demandé à nouveau que la France donne l’asile au fondateur de Wikileaks.

« Dans une interview diffusée hier, Julian Assange multiplie les analyses lucides sur les raisons de nos faiblesses stratégiques, en lien notamment avec notre soumission à l’Union européenne, et donc les Etats-Unis », écrivait la présidente du FN (devenu RN depuis) sur son blog.

« On comprend pourquoi François Hollande, mis en cause comme son prédécesseur, a refusé l’asile politique à Julian Assange », ajoutait-elle, « réclamant une nouvelle fois que la France s’honore en lui proposant cet asile ».

La France a rejeté en juillet 2015 une demande d’asile de Julian Assange. Il avait présenté sa requête de manière informelle, dans une longue lettre ouverte publiée le 3 juillet par le quotidien « le Monde ».

Julian Assange demande l’asile à la France. Non merci, répond l’Elysée

«En m’accueillant, la France accomplirait un geste humanitaire mais aussi probablement symbolique, envoyant un encouragement à tous les journalistes et lanceurs d’alerte qui, de par le monde, risquent leur vie au quotidien pour permettre à leurs concitoyens de faire un pas de plus vers la vérité. Elle enverrait aussi un signal à tous ceux qui, de par le monde, saisis par l’hubris, trahissent leurs valeurs en s’attaquant incessamment aux citoyens qui s’y refusent. […] Seule la France se trouve aujourd’hui en mesure de m’offrir la protection nécessaire contre, et exclusivement contre, les persécutions politiques dont je fais aujourd’hui l’objet. En tant qu’Etat membre de l’Union européenne, en tant que pays engagé par toute son histoire dans la lutte pour les valeurs que j’ai faites miennes, en tant que cinquième puissance mondiale, en tant que pays qui a marqué ma vie et qui en accueille une partie, la France peut, si elle le souhaite, agir.»

« Pas de danger immédiat »

« Compte-tenu des éléments juridiques et de la situation matérielle de M. Assange, la France ne peut pas donner suite à sa demande. La situation de M. Assange ne présente pas de danger immédiat. Il fait en outre l’objet d’un mandat d’arrêt européen », a fait savoir ce vendredi matin l’Elysée dans un communiqué.

Publié le 21 novembre 2016