Conséquences sanitaires de la 5G

Un rapport sur les « aspects techniques et sanitaires » de ce déploiement a été publié sur les sites des ministères de la Transition écologique, de la Santé et de l’Economie. Il se révèle prudent. La France mettrait-elle la charrue avant les bœufs ? 

Après avoir planché pendant deux mois, un temps qualifié de « très contraint », des représentants du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), du Conseil général de l’économie (CGE), de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et de l’Inspection générale des finances (IGF), ont donc rendu leur copie [1]. Celle-ci n’est pas si rassurante que cela sur les inquiétudes sanitaires liées à la 5G, les auteurs du rapport précisant d’ailleurs « se limiter à des recommandations d’ordre général ». Tout en notant que  « Les investigations de la mission n’ont pas porté sur les aspects environnementaux et énergétiques (…), ni sur les conséquences sanitaires non liées aux ondes électromagnétiques » 

Les ondes et leurs effets 

L’exposition aux ondes électromagnétiques et ses conséquences sur la santé fait effectivement partie des principales inquiétudes liées à la 5G. Il est établi que les champs électromagnétiques ont un effet thermique sur les tissus, comme le précise l’OMS. D’autres effets biologiques sur des paramètres comme la tension ou le sommeil ont également été démontrés. Ces effets ont-ils des conséquences sur la santé ? « Pas à court terme », répondent de concert les agences sanitaires nationales et internationales. Sur le long terme, « des débats persistent » souligne le dernier rapportfrançais. On n’est guère plus avancé… L’OMS a néanmoins classé les ondes radio comme « possiblement cancérogènes pour l’homme » en 2011.  Les effets des ondes électromagnétiques dépendent également de facteurs comme la puissance des fréquences, la proximité et le temps d’exposition. Un rapport de l’ANSES montre qui plus est qu’il faut tenir compte du type de peau, qui modifie la conductivité des tissus. Une chose est sûre : « Plus la fréquence des ondes électromagnétiques augmente, plus les ondes sont absorbées par les couches superficielles de la peau et plus la profondeur de pénétration de ces ondes diminue » 

Bandes de fréquence et points atypiques 

C’est pour cette raison que, concernant la 5G, les enjeux varient, et les questions sanitaires avec : la première phase du déploiement (à la fin de l’année) se fera sur une bande autour de 3,5 GHz, proches de celles actuellement utilisées pour la 4G ; mais par la suite, d’autres bandes de fréquence seront utilisées, à partir de 26 GHz – les ondes millimétriques – pour un meilleur débit.  Concernant la première bande, le rapport sur les aspects techniques et sanitaires du déploiement de la 5G déduit avec prudence que : « les éléments disponibles à ce jour permettent d’estimer que l’introduction de la 5G en bande 3,5 GHz ne générera pas de rupture en matière d’exposition dans les zones urbaines (…) mais peut contribuer à une augmentation du nombre de points atypiques » Il n’y aurait donc pas, dans un premier temps, d’effets sanitaires spécifiques à la 5G « en dessous des valeurs limites d’exposition ». Cependant, la mention de « points atypiques » pose question. Ils désignent, pour reprendre la définition de l’ANFR (Agence nationale des fréquences), « des lieux où les niveaux d’exposition du public aux ondes électromagnétiques dépassent substantiellement ceux généralement observés à l’échelle nationale ».  Et qui, pour 1% des mesures réalisées, dépassent le niveau d’exposition retenu par la réglementation française (qui date de 1999), à savoir entre 28 V/m et 87 V/m d’intensité selon les fréquences utilisées. Ce niveau limite est fixé à 36 V/m sur une bande proche de 700 MHz et à 61 V/m pour la bande 2600 MHz. Il en sera identique pour la 5G de la bande 3500 MHz, toujours d’après l’ANFR.   

Plus de 170 scientifiques et médecins de 37 pays demandent un moratoire sur le déploiement de la 5G – cinquième génération de téléphonie mobile – jusqu’à ce que des études d’impact sanitaires et environnementales sérieuses et indépendantes aient été réalisées préalablement à toute mise sur le marché. La 5G s’ajoutera au brouillard électromagnétique déjà produit par la 2G, 3G, 4G, Wi-Fi, etc., exposition dont il a été prouvé qu’elle est nocive pour les humains et pour l’environnement. (Article tiré d’un Communiqué de Presse par Etienne Cendrier, Porte-Parole de Robin des Toits, Paris, le 13 Septembre 2017.)

Usages et antennes 

Sauf que le niveau d’exposition varie aussi selon les usages, qui vont irrémédiablement augmenter, et selon le type d’antenne. Eh oui, alors que les antennes 4G restent à valeur constante dans sa direction principale, les antennes 5G ont des faisceaux orientables, et l’exposition devra donc être calculée en différents points.  

 Ces paramètres ont été évoqués dès juillet 2019 par l’ANFR qui précisait alors que « les premières ont été réalisées dans des conditions qui restent limitées », à savoir avec un seul type d’antenne d’un seul constructeur et sans smartphone compatible avec la 5G – ils ne seront commercialisés qu’en fin d’année.  Appelant à la prudence quant à l’exposition réelle induite par la 5G (usages et antennes), l’établissement public avait alors précisé : « Après la commercialisation des premiers téléphones 5G, de nouvelles mesures permettront de construire des configurations plus réalistes » Peu d’études sanitaires sur la 5G En somme, rien n’est certain, et ce d’autant que l’autre organisme en charge d’évaluer les risques sanitaires de la 5G, à savoir l’ANSES ne rendra pas ses conclusions avant 2021, que ce soit sur fréquences proches de 3,5 GHz ou de 26 GHz.  Cela explique donc la demande de rapport estival du gouvernement (on y revient), lequel se base sur les données des 26 pays engagés dans la 5G, y compris les cinq qui n’ont pas encore commercialisé cette technologie – à savoir la France, la Belgique, Singapour, Israël et l’Estonie.  Ce rapport est largement nuancé par le fait que « seuls cinq pays mènent des études dédiées à la 5G sur la bande 3,5 GHz », tandis que d’autres, à l’instar de l’Allemagne, « se penchent sur les fréquences autour des 26 GHz ».  Résultat, après deux mois de travail, « la mission s’est limitée à des recommandations d’ordre général » et parmi elles :  

  • « Conforter les moyens d’évaluation et de recherche de l’ANSES sur les effets sanitaires des ondes électromagnétiques »
  • « Effectuer des mesures de champs électromagnétiques avant et après l’installation des antennes sur un nombre significatif de sites »
  • « Organiser une consultation à la suite de la publication des travaux de l’ANSES »

 Ce dernier point constituerait d’ailleurs une première puisque le rapport relève justement qu’ « aucun pays n’a organisé de consultation citoyenne spécifique dédiée à la 5G ». Mais la France ne fera manifestement pas exception. 

Source : http://www.francesoir.fr – 18/09/2020

L’intégralité du rapport 

“Nous n’avons aucune preuve scientifique reproductible qui montrerait que les technologies de communication sans fil comme la 5G auraient un impact négatif sur la santé,” assure notamment Jafar Keshvari, président du Comité international sur la sécurité électromagnétique (International Committee on Electromagnetic Safety). Mais en Suisse, le biologiste Daniel Favre n’est pas de cet avis : “Depuis des dizaines d’années, il y a des preuves irréfutables que les ondes électromagnétiques ont une influence, tant au niveau thermique que non thermique sur les êtres vivants dont l’homme, assure-t-il.

Coup de frein sur le déploiement en Suisse

La Suisse a été l’une des premières nations en Europe à déployer cette technologie avec plus de 2 000 antennes-relais installées l’an dernier pour le réseau de la 5G standard. Mais sa mise en place effective prend du retard. Plusieurs cantons ont instauré un moratoire par crainte de potentielles conséquences sanitaires du rayonnement électromagnétique.

Carte des expérimentations 5G

La carte ci-après fait apparaître les lieux du territoire métropolitain où des expérimentations 5G sont en cours. Les expérimentations 5G apparaissent en rouge et les plateformes d’expérimentation 5G ouvertes en bande 26 GHz apparaissent en bleu.

VOIR LA CARTE en détail

DOSSIER ARCEP – Tout sur la 5G – Mis à jour le 8 septembre 2020 ICI

Peur des antennes ? Nous allons découvrir que ce n’est pas le pire. Le problème principal avec la 5G: la multiplication des objets connectés qui émettent fortement et à proximité de notre corps, de notre cerveau. En Suisse, les ondes électromagnétiques de la 5G ne sont, pour l’instant, pas très différentes des ondes de la 3G, 4G, du bluetooth ou du WiFi. Des études montrent toutefois que ces ondes dites “centimétriques” peuvent interagir avec le monde vivant.

Enquête de Christophe Ungar et Sophie Gabus pour 36.9°.

Facebook Groups : Nouvelle-Calédonie sans 5G – https://www.facebook.com/groups/339739460412591/

www.rcrwireless.com
By  Juan Pedro Tomás on  SEPTEMBER 21, 2020

Selon un document d’évaluation publié par la Table ronde européenne de l’industrie (ERT), l’Europe connaît un “retard manifeste” dans le lancement de la 5G commerciale, avec moins de la moitié des États membres de l’UE qui exploitent actuellement des services.

Le document note que l’inquiétude grandit quant au fait que l’Europe est loin derrière les autres régions du monde, bien qu’elle abrite deux sociétés d’infrastructure mobile de premier plan, activement engagées dans le déploiement mondial de cette technologie. Le document note également que les implications sont multidimensionnelles, affectant l’accès des citoyens à une connectivité plus rapide, aux services virtuels et de réalité augmentée et à la compétitivité industrielle dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, le partage de données entre entreprises, la cybersécurité et l’internet des objets.

L’ERT a souligné que seulement 10 stations de base 5G par million de personnes ont été déployées dans les États membres de l’UE actifs en 5G, contre 1 500 stations de base par million d’habitants en Corée du Sud.

En ce qui concerne la mise à niveau des stations de base 4G en 5G, seulement 1% ont été mises à niveau en Europe, contre 98% en Corée du Sud. Enfin, l’évaluation a souligné que la part des abonnements utilisant les réseaux 4G est d’environ 70 % en Europe en 2019, soit nettement moins qu’aux États-Unis, en Chine et en Corée du Sud, où elle atteint environ 90 %.

Le rapport a également noté que deux tiers des pays de l’UE-27 n’ont pas encore attribué de spectre en bande moyenne (3-5 GHz), alors que la Corée du Sud et la Chine ont attribué cette bande de fréquences en juin 2018 et 2019 respectivement.

“L’accélération de la transformation numérique observée au cours du premier semestre de l’année a rappelé de façon pertinente et opportune pourquoi l’Europe doit investir d’urgence dans le déploiement de la 5G. L’Europe dispose d’atouts industriels importants qui peuvent soutenir le déploiement de la 5G, mais comme le montre ce dernier rapport d’évaluation, elle est à la traîne par rapport à d’autres régions, tant en matière de commercialisation que d’infrastructures pour la 5G. Au printemps de cette année, seul un tiers des pays de l’UE avait attribué des fréquences moyennes, loin derrière la Corée du Sud, la Chine et d’autres pays. Nous devons faire mieux”, a déclaré Martin Lundstedt, président de la commission de la transformation numérique de l’ERT.

Pour combler le fossé, nous avons besoin de toute urgence d’un “accord européen” pour le déploiement de la 5G ̶, qui propose une approche plus harmonisée du spectre 5G, de l’attribution et de l’exploitation et de meilleures incitations réglementaires pour les investissements privés. La 5G est au cœur de notre avenir numérique – et le numérique permettra la transition énergétique, l’innovation et un tout nouveau monde de possibilités d’emploi. Elle est essentielle au succès du “Green Deal” de l’UE. Tout est lié – c’est pourquoi il s’agit d’un élément fondamental de l’équation”, a ajouté M. Lundstedt.

L’ERT a également souligné que l’Europe a été plus lente que d’autres régions dans le domaine des services commerciaux à grande échelle 5G. Aux États-Unis, par exemple, Verizon a lancé des services commerciaux 5G utilisant le spectre à haute bande en avril 2019. En revanche, les premiers services commerciaux n’ont été disponibles que dans sept pays européens trois mois plus tard, et plusieurs d’entre eux n’ont toujours pas connu de lancement commercial de la 5G. Dans l’ensemble, seuls 13 États membres de l’UE ont lancé des services commerciaux 5G, a déclaré l’ERT.

RELIRE :