Futur Surf Park, vers une nouvelle ZAD ?

Opposés à un projet de Surf Park, des membres et des sympathisants de l’association Terres communes veulent investir le terrain, après une première tentative le week-end dernier.

A 10 km de l’océan atlantique et de ses rouleaux naturels, la “Bergerie surf camp” prévoit d’accueillir en 2022 des sportifs et des scolaires dans un bassin de 11.000 m3 d’eau “en circuit fermé”. A raison d’un kilowattheure par vague en moyenne, ils pourront glisser sur “une vague parfaite” pendant “un temps de surf de vingt secondes”, selon Nouvelle Vague, à l’initiative depuis 2014 de ce projet .

Aujourd’hui, une trentaine de personnes (architectes, paysagistes, etc.) sont impliquées dans le projet de Bergerie surf camp prévu à Saint-Père-en-Retz. Les trois porteurs sont Stéphane Bouchonneau et son neveu, Alexandre, ainsi que Thibaut Coutansais, Nazairien, chargé de projet pour des bases de loisirs. Leur point commun : la passion des sports nautiques. Derrière ces têtes pensantes, plusieurs investisseurs, des chefs d’entreprise à la retraite ou en activité, implantés dans la région. Le coût prévisionnel du projet : 15 millions d’euros.

“ZAP ta vague”, est le slogan adopté par les opposants qui veulent stopper le bétonnage des campagnes.


Le collectif Terres Communes 
—  Blog du collectif : http://terres-communes.zici.fr/
https://www.facebook.com/zaplavague/

Surfer “une vague parfaite” mais artificielle à 10 km de l’océan ? Le futur surf park à Saint-Père-en-Retz (Loire-Atlantique) affiche l’ambition de développer les sports de glisse, mais est contesté par des militants écologistes, qui dénoncent un projet “absurde” sur des terres agricoles.

AFP le 28/07/2019 à 10:40

Le samedi 27 juillet, ils se sont rassemblés devant la mairie de la commune de Saint-Père-en-Retz, dans le sud Loire. Le week-end dernier, les opposants du Surf Park ont voulu investir le terrain qui doit accueillir le projet. 

Un “week-end de résistance contre le projet de Surf park de Saint Père en Retz (44) : manif-occupation de la mairie vers le site du projet, concerts, implantation d’un potager, construction de cabanes pour occuper le site à durée indéterminée, animations”, précisait l’association d’opposants Terres communes. Un  programme qui n’est pas sans rappeler la Zad qui s’était petit à petit installée sur le site de Notre-dame-des-Landes qui devait accueillir un autre projet controversé, celui d’aéroport du grand ouest.

“Si les agriculteurs n’étaient pas allés mettre la pression, les militants portés par le collectif Terres communes ne seraient pas partis et se seraient installés. Ce n’était pas aux agriculteurs d’empêcher l’implantation de la ZAP sur des terrains exploités”, explique la FDSEA de Loire-Atlantique dans un communiqué de presse alors que se tient un nouveau rassemblement sur le futur site du Surf park.

Car les agriculteurs de la FDSEA 44 étaient présents samedi dernier sur le site pour s’opposer à l’occupation de leurs terrains par les “Zapistes”. Un affrontement a fait un blessé parmi les agriculteurs, qui a été dirigé vers les urgences de Nantes.  Les opposants au projet ont alors levé le camp.

“Des agriculteurs étaient présents samedi 20 juillet sur le site pour défendre le foncier de l’exploitant, pas pour recevoir des coups et en donner. On se rend compte que la communication avec ces militants est impossible, on ne se comprend pas”, déplore la FDSEA44 en ce début de week-end.

La FDSEA de Loire-Atlantique tient à rappeler “que jusqu’à ce jour, le permis du projet n’est pas déposé et que l’exploitant a toujours un bail. Le foncier n’a pas été acheté par le porteur de projet, comme cela a pu être véhiculé, et l’exploitant n’a reçu aucune indemnité d’éviction, ni compensation foncière. Donc c’est bien le fermier en place qui doit le rester”.


Le projet de Bergerie Surf camp tel que le prévoient les créateurs, avec un grand bassin entouré de pâturages. Ils espèrent accueillir 100 000 visiteurs par an. | DR

La Bergerie surf camp 

A 10 km de l’océan atlantique et de ses rouleaux naturels, la “Bergerie surf camp” prévoit d’accueillir en 2022 des sportifs et des scolaires dans un bassin de 11 000 m3 d’eau “en circuit fermé”. A raison d’un kilowattheure par vague en moyenne, ils pourront glisser sur “une vague parfaite” pendant “un temps de surf de vingt secondes”, selon Nouvelle Vague, à l’initiative depuis 2014 de ce projet estimé à 15 millions d’euros.

Une école de surf, affiliée à la Fédération française de surf, devrait voir le jour avec, en ligne de mire, de potentielles retombées induites par les Jeux olympiques de 2024.

Les “Grandes Gueules” veulent savoir : Créer un surf park à 10 km de l’océan, ridicule ? – 30/07 https://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/video/les-gg-veulent-savoir-creer-un-surf-park-a-10-km-de-l-ocean-ridicule-3007-1178111.html

Ce projet de Surf park est né d’une passion pour le surf et du désir “d’ une vague parfaite, disponible tous les jours, sur demande, quelle que soit la météo”. Il envisage la création d’une trentaine d’emplois, selon la saison.

Mais pour ses opposants, le surf park est un “projet absurde”. “Nous sommes contre un projet qui consommera à la fois beaucoup d’énergie et des millions de litres d’eau par an dans un contexte de sécheresse et de restriction hydrique, qui participera à la destruction toujours plus grandissante de notre autonomie alimentaire, de la biodiversité, du climat et de la vie sociale du territoire”, a déclaré le collectif Terres communes.


Un projet remis en cause 

Suite à une enquête d’utilité publique, en décembre dernier, le PLU, Plan Local d’Urbanisme avait modifié la destination des terrains concernés, au moins 8 ha, en prévision de ce projet.

Les opposants estiment qu’il n’y a pas eu de débat. Que les promoteurs, la société Nouvelle vague, “sont passés en force“.

C’est, disent-ils, pour cette raison qu’ “ils refusent toute discussion“. 


photo : Thierry Bercault

« C’est faux ! »

Dans un tract publié en décembre, Terres communes dénonçait « la bétonisation de plus de 10 ha de terres agricoles ». « C’est faux, s’exclame Stéphane Bouchonneau. Il n’y a que 30 % de la surface du bassin (17 000 m² au total), qui sera bétonné, le reste du bassin est en liner, posé sur un sol terrassé. Pour le parking et l’espace camping-car, ce sera un sol en terre et graviers, pas en goudron. »

Il évoque même un projet écoresponsable. Avec 4 ha sur les huit en pâturages, des moutons pour entretenir les pelouses et des bâtiments sur pilotis pour éviter l’empreinte au sol. « Son emplacement près du bourg évite également la construction de routes ou giratoires d’accès » , ajoute Stéphane Bouchonneau.


Le bassin pourrait ressembler à ceci, en 2022, si le projet aboutit. | DR

Vingt emplois à l’année

Pour ses opposants, ce bassin sera très gourmand en eau. Terres communes a avancé le chiffre de 25 millions de litres consommés. En réalité, selon les créateurs, il s’agit de 11 millions de litres, avec 10 % de ce volume à renouveler tous les mois en raison de l’évaporation. « De l’eau potable, du réseau, qui ne provient pas de la nappe » , précise Stéphane Bouchonneau. Concernant le volet économique, vingt emplois seront créés à l’année, jusqu’à quarante équivalents temps plein l’été.

Contrairement au surf park de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée), où la vague est statique, à Saint-Père-en-Retz, elle devrait être en rouleau, un système qui se veut plus proche des sensations en mer. « C’est aussi le moins énergivore des systèmes connus avec une consommation d’1 kW par vague en moyenne. Avec cette technologie et en produisant une partie de notre propre énergie, via le photovoltaïque, le but est de limiter la consommation au minimum. Pour l’Agence régionale de santé, le surf camp a une empreinte écologique proche de zéro. »

Saviez-vous qu’une terre agricole bétonnée est une terre condamné pour des centaines d’années ?! Pas de retour en arrière possible ! Quand on sait qu’il faut environ 500 ans (minimum, et ce dans une forêt) pour que 5cm de terre cultivable se forme, c’est notre futur commun qui est jeté en pâtures aux profits à court terme et à la mégalomanie des élus locaux !

Quand à l’argument de compensation environnementale évoqué dans l’enquête publique sur le PLUI, arrêtons l’hypocrisie ! Doit-on rappeler qu’en premier lieu il faut EVITER, puis si impossibilité RÉDUIRE, et en dernier lieu COMPENSER ?! Et comment parler de compensation pour des terres qui ne seront plus jamais utilisables, comment compenser les tonnes d’êtres vivants, vers de terres et champignons et toute la biodiversité lié à ces champs ?!

Sur l’ensemble du PLU communal, c’est 58 hectares que la commune de Saint père en retz prévoit d’urbaniser dans les 10 ans à venir ! Combien de petits projets paysans auraient pu être installés à la place, combien de réserves pour la biodiversité auraient pu être mis en place ?! Mais cette commune n’est pas la seule, les nombreux PLU votés actuellement dans le Pays de Retz ne remettent nullement en cause le bétonnage des campagnes, et sans que pour l’instant une opposition franche des habitant-e-s aient lieu. Allons-nous enfin changer la donne ?

Ramenez de quoi faire du bruit et montrer notre ras le bol de leurs discours hypocrites sur l’écologie et la paysannerie !

Ne laissons pas le béton recouvrir nos espoirs d’une campagne riche en biodiversité, abondante en eau et nourriture saine, pleine de vie sociale et pérenne !

Le collectif  Terres Communes

Plus de détails sur le projet :

Le rapport sur l’enquête publique pour la modification du PLUI (pages 18,31,41,46,50,56,68,69 concernant le surf park) :

http://www.cc-sudestuaire.fr/media/plu/Rapport_CE_ST_P%C3%A8re_PV_R%C3%A9ponse_PLU.pdf

Plus de détails sur la zone impactée dans le document d’orientations et de programmation du PLUI (pages 43 à 46) :

http://www.cc-sudestuaire.fr/media/plu/3_Orientations_dAm%C3%A9nagement_et_de_Programmation_1.pdf

Infos données par le porteur de projet aux élus de St père en Retz réunis le lundi 10 décembre en mairie

Cette eau viendrait de la pluie (avec des bassins de récupération) et du service d’eau potable.

Le porteur de projet ne s’interdit pas la possibilité de forages ! (N.B : tandis que le Pays de Retz n’a que des nappes superficielles déjà bien entamées par les forages des agriculteurs du coin l’été)

Projet à 12 millions d’euros !

75 000 à 100 000 visiteurs prévus

35 à 40 euros l’entrée pour 1h de surf (!) « 

Un Surf Park à Saint Père en Retz ?… à 10kms de l’océan

Témoignage et appel à soutien de Yoann

Défendre la préservation des terres et des ressources, être militant écologiste aujourd’hui fait encourir des risques de violence de la part de personnes qui veulent défendre leurs intérêts privés. Témoignage de Yoann Morice et décryptage des intérêts en jeu.

Témoignage et appel à soutien de Yoann, membre du collectif Terres Communes à retrouver sur son profil personnel et sur la page facebook du collectif @Terrescommunesretz et la page facebook de la ZAP @zaplavague Voir Article


Interview de Yoann Morice du collectif Terres communes


Terres Communes

Ajoutée le 26 juil. 2019

4/4 action citoyenne à Saint Père En Retz par Krystell pou Vécu

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