Réseaux sociaux- Fin de la liberté d’expression ?

La liberté d’expression sur les réseaux sociaux va vers sa fin rapide. Cet été Twitter s’attaque aux soutiens de Julian Assange et Facebook a supprimé tous les liens vers un article de l’Ojim (l’Observatoire du Journalisme) sur Alain Duhamel puis l’a rétabli sans explications plus tard.

Twitter censure un groupe de soutien à Julian Assange

Publié le 5 septembre 2019

Julian Assange a été arrêté le 11 avril 2019 à Londres, il est alors condamné à cinquante semaines de prison par la justice anglaise pour avoir violé les termes de sa liberté conditionnelle. Il risque l’extradition aux États-Unis qui ont juré de le punir sévèrement pour « trahison ». Dans une politique de censure qui s’étend rapidement, Twitter a supprimé un des principaux comptes des soutiens d’Assange.

@Unity4J

Le groupe anglophone Unity4J que l’on peut traduire par « Unité pour Julian » a été créé entre autres par Christine Assange, la mère de Julian, Lee Camp de Redacted Tonightet Elizabeth Lea Vos, la fondatrice de l’association. Ils organisent régulièrement des manifestations à Londres pour la libération d’Assange, ont lancé une pétition pour lui attribuer le prix Nobel de la paix, demandent de meilleures conditions de détention en attendant sa libération etc.

Twitter, police de la pensée, supprime puis rétablit le compte

Le 13 juillet 2019, Twitter supprime le compte du groupe sans avertissement ni explications. Le responsable pense à un problème technique et tente de rétablir une connexion, puis écrit à Twitter qui dans un premier temps ne répond pas. De nombreuses voix se sont élevées contre cette suppression dont celle du fondateur du groupe Pink Floyd Roger Waters qui a souligné le rôle de « police de la pensée » de Twitter faisant allusion à 1984 de George Orwell.

Après cinq jours de protestations et de nombreuses attaques contre Jack Dorsey, le président de Twitter, le compte est rétabli.

Leçons à tirer

La liberté d’expression sur les réseaux sociaux va vers sa fin rapide. Cet été Facebook a supprimé tous les liens vers un article de l’Ojim sur Alain Duhamel puis l’a rétabli sans explications plus tard. Vous trouverez l’article ici et l’histoire là. Qu’en penser ? Primoles réseaux sociaux – à la fois sous la pression des autorités et par leur propre conformisme – jouent déjà et vont jouer de plus en plus le rôle de police de la pensée. Secundoils n’aiment pas être traités de censeurs. Il faut donc dénoncer leur hypocrisie face à leur propre responsabilité morale et politique et ne pas hésiter à mettre en cause leur activité castratrice. Nous aurons l’occasion de revenir sur le sujet.

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RÉPRESSION NUMÉRIQUE 

Censure Facebook. Les pages de gauche en danger

Facebook censure les pages d’une partie de l’extrême gauche. Après avoir couvert le G7 et le contre-sommet, de nombreuses pages Facebook de groupe d’extrême gauche, telle que le Collectif Auto Média énervé ou Lille insurgée, voient la portée de leur publication réduite au quasi néant. Le soupçon d’une censure délibérée pèse sur le réseau social, ce qui constitue une attaque politique grave.

Ju Angio – mercredi 4 septembre – www.revolutionpermanente.fr

Le 29 Août, le journal en ligne Médiapart faisait paraître un article questionnant la baisse des vues sur les pages Facebook de plusieurs groupes d’extrême gaucheen mettant en cause le réseau social.

En effet la portée des publications de plusieurs pages (Collectif auto Média énervé, Lille insurgée, Groupe antifa Lyon, Nantes Révoltée, Cerveaux non disponibles,..) a lourdement chuté avec parfois plus de 1000 fois moins de vues comme le note ce post Twitter du 29 août de Nantes Révoltée : «  Quelques stats. Depuis ce soir, on passe donc de, entre 30 et 300 000 personnes touchées par article à … 52 personnes touchées pour notre dernière publication. Audience quasiment divisée par 1000  ». De même du côté de la page Cerveaux Non disponibles : «  [la] page a perdu la quasi-totalité de son audience : 200 personnes touchées par post, alors qu’on est habituellement sur une moyenne de 20 000 par post (avec des pics à 300 000)  ».

[Du bon côté de la barricade]Mark Zuckerberg a décidé de changer l’algorithme de Facebook début janvier. Désormais…

Pubblicato da Révolution Permanente su Lunedì 29 gennaio 2018

VOIR ARTICLE

Que la Turquie soit le premier pays en termes de demandes de suppression de posts sur Twitter, au vu de la politique de Recep Tayip Erdogan concernant les réseaux sociaux, n’est pas étonnant ; mais que la France soit le deuxième pays au classement paraît bien plus surprenant. Surtout vu l’écart avec le troisième, la Russie.

Le rapport de transparence de Twitter

publié le 04/08/2014

Twitter a publié son rapport semestriel (janvier – juin 2014) sur la transparence des demandes d’informations et de suppressions de posts de ses utilisateurs. Des demandes qui ont augmenté de 46% par rapport aux six mois précédents. Avec quelques surprises. Au total, 2 058 requêtes d’informations sur les utilisateurs ont été formulées au réseau social en provenance de 54 pays différents. La grande majorité, sans surprise, provient des Etats-Unis : 61% (1 257 demandes). Suivent, de loin, le Japon (192 demandes), l’Arabie Saoudite (189 demandes) ou encore le Royaume-Uni (78 demandes). De ce point de vue, la France semble rester calme avec seulement 36 demandes d’informations effectuées ; mais seuls 8% des comptes concernés ont vu leurs informations communiquées.

La France vice-championne de la suppression de posts

Si les demandes d’informations sont relativement faibles en France, ce n’est pas le cas pour les demandes de suppressions de posts. Dans ce classement-là, la France arrive deuxième, juste derrière la Turquie.

La Turquie a émis 121 demandes de suppressions de la part des autorités ainsi que 65 demandes de suppressions soutenus par une décision de justice avec un résultat impressionnant : 17 comptes supprimés et 183 tweets censurés par Twitter… soit 30% des demandes.

Et la France n’est pas en reste : avec 107 demandes de suppression par les autorités et une demande soutenue par une décision de justice, l’Hexagone a fait censurer 30 tweets (28% des demandes).

A eux seuls, la Turquie et la France sont à l’origine de la suppression de 213 tweets sur les 251 tweets supprimés entre janvier et juin 2014.

Censure de Twitter : la France devant la Russie !

La France se situe en 2e position des pays pour les demandes de suppression de contenu, juste après la Turquie. Faut-il s’en inquiéter ?

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