La Dictature est en Marche (?)

Emmanuel Macron après avoir vu l’excellent documentaire 1984, a eu une idée surprenante : la création d’un ministère de la Vérité.
Ce documentaire mettait en scène quelqu’un qui n’est rien, en train de tenter de s’opposer au leader charismatique adulé par Paris Match, Big Brother.
Big Brother eu une grande idée pour contrôler les fakes news (fausses nouvelles), l’instauration d’un ministère ayant pour mission de révéler la vérité pour empêcher la population sans culture de se dévoyer et ainsi devenir complotantes…


Emmanuel Macron annonça lors d’une conférence de presse
Moi, Jupiter vous annonce solennellement la création d’un ministère de la vérité, grâce à lui vous n’aurez plus à suivre aveuglément les informations de ces privilégiés de l’Agence France Presse !

VOUS qui n’êtes rien ! La start up nation ! Ne vous souciez plus de ce qui est vrai ou faux, nous faisons le travail pour vous ! Car c’est notre PROJEEEEET !

nordpresse.be par By Pierre Boulle

Disparition de l’argent liquide et puçage de masse : vers la dictature intégrale.

A côté de la société de demain, le cauchemar d’Orwell risque fort de ressembler à une aimable plaisanterie. Dans l’indifférence générale, l’oligarchie est en train de dresser les plans d’un monde totalement transparent où nul citoyen ne pourra échapper au regard intrusif de l’État. Et ses deux piliers sont déjà en place : la puce RFID sous-cutanée et le paiement digitalisé.


Vivre avec une puce électronique sous la peau, c’est désormais possible et même recommandé à en croire ses promoteurs. Le stockage de données personnelles  permettrait d’améliorer nos capacités d’êtres humains par la biotechnologie et d’optimiser notre rapport à l’environnement, en bref nous faciliter la vie et nous rendre plus efficaces. Plus besoin de badge pour s’identifier, de code pour déverrouiller son smartphone ou son ordinateur ni de carte bancaire pour payer.

Le paiement sans contact qui acte de la disparition programmée des espèces est vanté par des arguments du même type : commodité et économie. Epargner les frais de la traque de la fausse monnaie ou les coûts de fonctionnement des distributeurs de liquidités, entraver les opérations illicites (drogue, prostitution, commerce des armes, évasion fiscale et travail au noir) et faciliter les paiements sont les principales raisons avancées par les décideurs financiers et politiques.

Mais, dans les deux cas, il s’agit surtout de préparer les esprits à ce qui sera demain la norme quand les pouvoirs publics rendront le puçage obligatoire, interdiront tout paiement en liquide ou rendront impossible le stockage personnel d’espèces tandis que les établissements bancaires taxeront les dépôts ou ponctionneront les comptes des particuliers.

Pratiqué aux Etats-Unis depuis une dizaine d’années, le puçage cutané s’étend rapidement en Europe. Certaines entreprises suédoises proposent déjà l’implant de puces à leurs employés afin de les rendre plus productifs et en Espagne elles servent de moyens de paiement dans certaines discothèques. Mais l’affichage promotionnel du procédé cache mal sa finalité réelle. Les volontaires de ce marquage électronique dernier cri sont en réalité les cobayes d’un projet d’envergure qui vise ni plus ni moins qu’à rendre l’individu totalement transparent et à le livrer pieds et poings liés aux dispositifs de surveillance et de contrôle.

Identifier et suivre les objets

La technologie RFID (Radio Frequency Identification) permet d’identifier un objet ou un être vivant, d’en connaître les caractéristiques et d’en suivre le cheminement, le tout à distance et sans contact, grâce à une étiquette émettant des ondes radio, attachée ou incorporée à l’objet. Les informations sont stockées sur le produit où l’étiquette est collée ou implantée, et transmises au lecteur RFID par ondes radio. La RFID est utilisée pour la traçabilité de certains produits ou objets, l’identification des animaux d’élevage (remplaçant le tatouage) ou des individus (par stockage des données biométriques dans les badges électroniques, passeports, cartes d’identité, de paiement ou d’assurance maladie, titres de transport ou permis de conduire). De plus en plus présentes dans la vie quotidienne, leur usage est amené à s’étendre toujours plus car il est encouragé par les pouvoirs publics. Plusieurs pays européens imposent ainsi la pose de puces sous-cutanés pour l’identification des animaux domestiques et, en France, des maternités proposent des bracelets électroniques visant à prévenir l’enlèvement des nourrissons.

Une technologie à hauts risques

Certains dangers liés à l’usage de la RFID ont déjà été relevés. Si elle ne permet pas théoriquement la surveillance continue des individus, contrairement aux GPS dont sont pourvus les smartphones, l’ensemble des données à caractère personnel contenues dans les puces RFID que nous utilisons, souvent à notre insu, pourrait permettre par recoupement une identification à distance des personnes et de leur pratiques de consommation. De plus, le piratage est toujours possible : ces ondes étant rarement cryptées, il est très facile de les intercepter et même de les copier sur un autre support, et ainsi d’usurper l’identité d’autrui. Et rien n’interdit d’y placer des “cookies”, comme ceux qu’envoient les sites web, afin de suivre à la trace le trajet des objets ou des personnes ainsi identifiés. Le risque de traçabilité des individus et le faible niveau de protection de leurs données personnelles ont suscité l’inquiétude de la CNIL.

L’aspect sanitaire pose également problème, la dangerosité des ondes électromagnétiques émises par ce nouveau procédé s’ajoutant à celle des ondes déjà présentes dans la téléphonie mobile et les systèmes Wi-Fi. Ainsi, un rapport de l’AFSSET déconseille une exposition continue aux ondes de la RFID et préconise une distance minimale d’au moins 20 centimètres, deux recommandations bafouées par le procédé de l’implantation cutanée. De fait, de nombreuses études révèlent déjà un lien entre implant et survenue de cancers et au vu de leurs résultats on peut légitimement penser que cette nouvelle technique sera l’un des prochains scandales sanitaires.

La société sous l’oeil des puces

Mais le danger principal est surtout d’offrir aux récents projets de surveillance généralisée des populations un outil parfaitement adapté et efficient. Implanté dans le corps de l’individu, la RFID devient l’instrument de contrôle social sans doute le plus redoutable jamais conçu. Le stockage quasi-illimité des données personnelles permet de l’identifier à distance, de savoir (presque) tout de lui et de le suivre dans tous ses déplacements. Le gouvernement anglais confronté à la surpopulation des prisons étudie la possibilité de remplacer le bracelet électronique, jugé encombrant, par un implant pour surveiller les personnes sous contrôle judiciaire. En France, la surveillance électronique par RFID viendra compléter les dispositifs de surveillance numérique prévus dans la loi sur le renseignement en facilitant le profilage électronique et la géolocalisation des personnes jugées à risque, ainsi que les dispositifs de surveillance de l’espace public, notamment l’usage de la vidéosurveillance intelligente permettant d’identifier les individus dans une foule par reconnaissance faciale et de repérer les comportements « suspects ».

Soumission au lobby bancaire

Ce n’est évidemment pas le fuit du hasard si la Suède, le pays européen le plus avancé dans le projet d’implantation des puces sous-cutanées est aussi le premier à interdire le paiement en espèces.  Et ce n’est évidemment pas un cas isolé : à l’échelle de l’Europe, le paiement par le procédé du Near Field Communication (NFC) dérivé des puces RFID prend peu à peu le relais des transactions en espèce et de nombreux établissements commerciaux n’accepte,t plus le paiement en liquide. Même si 70% des paiements se font encore en espèces, il est fort probable que le cash disparaisse purement et simplement en Europe d’ici la prochaine décennie, entièrement remplacé par le paiement via smartphone ou carte bancaire. Au total, près de deux milliards de transactions sans contact ont été enregistrées en 2015 en Europe, où l’on compte désormais près de 3 millions de terminaux de paiement compatibles avec cette technologie, soit la moitié du parc total. En France, pas moins de 100 millions de transactions sans contact ont été enregistrées en 2015, soit 5 fois plus que l’année précédente, et plus de 30 millions de cartes sans contact sont en circulation. On recense désormais 500 000 terminaux compatibles avec la technologie sans contact dans l’hexagone, soit plus du tiers du parc total, et d’ici à 2020, la totalité du parc français devrait être compatible avec cette technologie. Et avec la généralisation du paiement sans contact, la société sans cash que le gratin de l’oligarchie appelle de ses voeux devient possible. Comme l’affirment les acteurs du paiement sans contact: « la révolution est en marche et rien ne saurait l’arrêter ».

Pourquoi cette fuite en avant ? La raison en est simple : il s’agit d’empêcher les ménages de retirer, de stocker et d’utiliser des espèces quand les établissements financiers taxeront les dépôts bancaires, voire ponctionneront les comptes des particuliers en ças de crise grave. C’est-à-dire très prochainement. En effet, la politique monétaire décidée par les banques centrales (faire baisser les taux d’intérêts à un niveau proche de zéro, voire négatif) conduit inéluctablement les établissements financiers à appliquer un taux d’intérêt négatif sur les dépôts bancaires des entreprises et des ménages. Les raisons avancées d’une telle politique sont connues : inciter ces agents à utiliser la monnaie disponible pour tenter de relancer la consommation et contenir la déflation rampante, l’austérité budgétaire érigée en dogme privant les États nationaux des autres leviers.

Supprimer les billets et les pièces tout en taxant les dépôts afin de doper la croissance réelle est la dernière folie imaginée par les banquiers centraux. Les conséquences pour les populations ainsi livrées pieds et poings liés au lobby bancaire et au regard intrusif des États nationaux seront dramatiques. La société sans cash qu’on nous promet grâce à la révolution numérique donnerait aux décideurs financiers  les moyens de contrôler tout le système au détriment des particuliers qui n’auraient alors plus aucune porte de sortie. Le verrouillage récent des retraits de cash en Grèce est un avant-goût de ce qui attend désormais les européens en cas de faillite bancaire.

La RFID et la fin du cash, armes de destruction massive des libertés

Puce RFID ou suppression du cash, l’objectif est le même : contraindre les populations à se soumettre aux diktats de la finance. Et le moyen aussi : leur laisser le moins de liberté possible, ce à quoi s’emploient activement les gouvernements successifs depuis une quinzaine d’années en promulguant une série ininterrompue de lois qui réduisent toujours plus les libertés publiques sous couvert de « guerre contre le terrorisme ». La RFID et le paiement électronique, comme les autres outils technologiques de surveillance, de contrôle et de traçabilité, servent le projet totalitaire d’une société d’individus dans laquelle toute notion de vie privée aura été abolie et placée sous la domination totale et permanente de l’appareil d’État et de l’oligarchie financière.

Texte : https://bourgoinblog.wordpress.com

Les meilleures citations du roman classique de George Orwell, 1984 (ou Nineteen Eighty-Four) sont déprimantes. Dans une Grande-Bretagne dystopique gouvernée par “Big Brother” et un parti politique tyrannique, le livre révèle un monde inquiétant de surveillance et de censure gouvernementales. Il n’est donc pas surprenant que ses citations les plus emblématiques (” La liberté, c’est l’esclavage “, qui que ce soit ?) traduisent le programme terrifiant du Parti.

La ” double pensée “, un terme du sens nouveau d’accepter simultanément ” deux croyances contradictoires dans son esprit “, est d’une pertinence effrayante à l’ère des faits alternatifs. 1984 a vu ses ventes monter en flèche aux États-Unis depuis l’inauguration de Trump en janvier, et l’adaptation cinématographique a récemment été projetée dans le monde entier en signe de protestation contre son administration.

1984 traite de tout, du pouvoir et de la guerre à la manipulation et à la rébellion.

Qui contrôle le passé contrôle le futur. Qui contrôle le présent contrôle le passé.

La guerre c’est la paix. 
La liberté c’est l’esclavage.
L’ignorance c’est la force.

le pouvoir n’est pas un moyen. c’est une fin en soi.

“Dans des temps de tromperie généralisée, le seul fait de dire la vérité est un acte révolutionnaire.“

  • Le discours politique est destiné à donner aux mensonges l’accent de la vérité, à rendre le meurtre respectable et à donner l’apparence de la solidarité à un simple courant d’air.
  • Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que vent.
  • Vous ne possédez rien, en dehors des quelques centimètres cubes de votre crâne.
  • Nous pourrions bien nous apercevoir un jour que les aliments en conserve sont des armes bien plus meurtrières que les mitrailleuses.

1984, c’est maintenant !

Par Jean-David Sichel Publié le 11 mars 2014


Jean-David Sichel est juriste.


1984, le célèbre livre de George Orwell est le plus souvent cité pour deux de ses terrifiantes anticipations.

D’abord, la société de surveillance généralisée dont on peut dire qu’elle est aujourd’hui advenue: écoutes téléphoniques hors de contrôle, profilage numérique, déclenchement de webcams à distance, télésurveillance, transparence à outrance. «Ce fut la fin de la vie privée» : nous y sommes.

Ensuite la novlangue, dont le but assumé, via la dénaturation et la destruction fanatique du vocabulaire, est de rendre impossible le crime par la pensée car « il n’y aura plus de mot pour le dire  ». Supprimer le mot, la chose disparaîtra.

Ensuite la novlangue, dont le but assumé, via la dénaturation et la destruction fanatique du vocabulaire, est de rendre impossible le crime par la pensée car «il n’y aura plus de mot pour le dire». Orwell précise: grâce au novlangue, «une idée hérétique, c’est-à-dire s’écartant des principes de l’AngSoc [Socialisme Anglais], serait littéralement impensable, du moins dans la mesure où la pensée dépendit des mots.». Par exemple, une fois le mot libre expurgé, «les libertés politique et intellectuelle n’existeront plus, même sous forme de concept. Elles n’auront donc plus de nom». Supprimer le mot, la chose disparaîtra. On s’aperçoit qu’aujourd’hui, le novlangue a bien progressé.

Novlangue et surveillance généralisée ne sont pourtant que deux des moyens d’oppression imaginés par Orwell, tandis que d’autres, ainsi que l’idéologie qui sous-tend 1984, sont bizarrement souvent ignorés. Donc relire 1984, puisque c’est maintenant!

Le personnage principal de 1984, Winston Smith, vit en Océania, un ensemble de pays dominé par une idéologie, l’AngSoc. La finalité de l’AngSoc, déguisé comme dans toutes les utopies en Bien commun et religion du Progrès, est d’une simplicité brutale: le pouvoir pour le pouvoir. Y rester à tout prix, quitte à tout liquider, même la personne humaine mais seulement après avoir nettoyé son esprit, l’avoir reformatée conformément aux principes de l’AngSoc:

«Nous ne détruisons pas seulement nos ennemis, nous les changeons. (…) Il est intolérable qu’une pensée erronée puisse exister quelque part dans le monde. (…) Nous ne pouvons nous permettre aucun écart, même à celui qui est sur le point de mourir. (…) Vous serez creux. Nous allons vous presser jusqu’à ce que vous soyez vide puis nous vous emplirons de nous-mêmes. Puis nous vous fusillerons.»

C’est le pourquoi que comprendra Smith avant de disparaître. Le socialisme n’est plus qu’un concept creux. Ceux qui connaissent la nature du Parti le définissent comme un collectivisme oligarchique avec d’un côté une population devenue également miséreuse, uniformisée et terrorisée et de l’autre «une nouvelle aristocratie constituée de bureaucrates, de savants, d’organisateurs de syndicats, d’experts en publicité, de sociologues, de journalistes et politiciens professionnels». D’ailleurs, «le Parti (…) prêche envers la classe ouvrière un mépris dont, depuis des siècles, il n’y a pas d’exemple.»

Les principes de l’AngSoc sont : négation de la réalité objective, double-pensée et mutabilité du passé.

Premier principe et le plus fondamental : la négation de la réalité.

On se contentera une fois encore d’extraits du livre tant ils sont parlants «la condition mentale dominante doit être la folie dirigée», «le Parti finirait par annoncer que 2 et 2 font 5 et il faudrait le croire. (…) Ce n’était pas seulement la validité de l’expérience mais l’existence même d’une réalité extérieure qui était tacitement niée. (…) L’hérésie des hérésies était le sens commun. (…) Le Parti disait de rejeter le témoignage des yeux et des oreilles.» et enfin, «tout pouvait être vrai. Ce qu’on appelait les lois de la nature n’était qu’absurdités».

On retrouve ici poussée à l’extrême l’hybris, la volonté de toute-puissance de l’Homme: rien n’existe en-dehors de sa perception et toute-puissance de la loi humaine. Il suffit (je ne cite plus 1984 ici…) de «volontarisme», de «rejeter les schémas archaïques», de «défier la nature», de remettre en cause les invariants de l’espèce pour que tout puisse être soit nié soit transformé. De l’individu pourra donc être extrait, en niant la réalité, en sacrifiant le langage et en l’opprimant, de tous les déterminismes qui s’opposent aux buts du Parti.

L’hérésie des hérésies était le sens commun. (…) Le Parti disait de rejeter le témoignage des yeux et des oreilles.  » « tout pouvait être vrai. Ce qu’on appelait les lois de la nature n’était qu’absurdités  ». Georges Orwell 1984

Ce qui implique que soient éliminées toutes les institutions s’opposant au Parti: la famille évidemment et prioritairement («Nous avons coupé les liens entre l’enfant et les parents, entre l’homme et la femme (…). Les enfants seront à leur naissance enlevés aux mères comme on enlève les œufs aux poules (…) tous les enfants devraient procréés par insémination artificielle et élevés dans des institutions publiques»), l’instinct sexuel (le fameux sexcrime, «l’instinct sexuel sera extirpé», «fréquenter les prostituées était naturellement défendu», «La procréation sera une formalité annuelle, comme le renouvellement de la carte d’alimentation»), les lois de la nature enfin: sur son lit de torture ressemblant étrangement à celui de Procuste (raccourcir les grands, écarteler les petits pour obtenir une taille unique…) , Winston entend de la bouche d’un membre du Parti chargé de sa rééducation: «Il faut vous débarrasser l’esprit de vos idées du 19è siècle sur les lois de la nature. Nous faisons les lois de la nature»).

En découle inévitablement, dès lors qu’est rompu le lien avec le réel, la relativité de la vérité: «Ce que le Parti.

Nous avons coupé les liens entre l’enfant et les parents, entre l’homme et la femme (…). » « fréquenter les prostituées était naturellement défendu

tient pour vrai est la vérité.»

Deuxième principe : la double pensée

Définie comme le pouvoir de garder à l’esprit simultanément deux croyances contradictoires et de les accepter toutes deux. «Un intellectuel du Parti sait qu’il joue avec la réalité mais par l’exercice de la double pensée, il se persuade que la réalité n’est pas violée.». La double pensée en pratique? «Dire des mensonges délibérés tout en y croyant sincèrement, oublier tous les faits devenus gênants puis lorsque c’est nécessaire les tirer de l’oubli pour le laps de temps utile.». On aboutit ainsi à un processus dans lequel le mensonge est toujours en avance d’un bond sur la vérité. Dans quel but? Nier la réalité et éteindre une fois pour toutes la possibilité d’une pensée indépendante.

Troisième principe : la mutabilité du passé.

L’image qui est resté est précisément celle de photos de journaux (le communisme soviétique étant pionnier dans l’affaire comme dans bien d’autres) dont les figurants devenus gênants étaient effacés. Cet exemple est encore poussé très loin par Orwell. Pas si loin qu’on ne puisse aujourd’hui l’imaginer hélas. Avec le principe de mutabilité, l’Histoire n’est en effet pas étudiée ni même revisitée par des historiens comme il est bénéfique qu’elle le soit pour assurer une diversité critique de points de vue. Dans 1984, l’Histoire est réécrite en fonction des intérêts du Parti dans une volonté de perfection et de cohérence absolue avec son idéologie car, comme l’assène le slogan de l’AngSoc, celui qui contrôle le passé contrôle le futur. Winston prend ainsi conscience qu’«aujourd’hui, la folie était de penser que le passé était immuable». Allergie envers le passé rejeté, abjuré, rupture voulue avec la tradition, avec l’ancienne civilisation: «Tout ce qui était ancien, tout ce qui était beau était devenu vaguement suspect.»

Réécrits donc les journaux et les livres dans 1984, repeints les tableaux, changé le nom des rues, mais on imagine facilement aussi l’endoctrinement via les manuels scolaires et une fixation définitive de l’interprétation historique par la loi. Qui sait?… Pour Winston pourtant, «les gens de deux générations auparavant n’essayaient pas de changer l’Histoire. Ils étaient dirigés par leur fidélité à des règles personnelles qu’ils ne remettaient pas en question.».

Winston luttera de toutes ses forces contre le déni de réalité en affirmant que l’évidence, le sens commun, la vérité devraient être défendus. Que le monde matériel existe, que ses lois ne changent pas. Aussi surprenant que cela puisse paraître la liberté de dire que 2 et 2 font 4, de rappeler la réalité, la vérité, de ne pas succomber aux falsifications de l’Histoire, est devenu en 1984 une tâche surhumaine. Winston le paiera de sa vie.

Mais pour toutes celles et tous ceux qui aujourd’hui, en (re)lisant 1984, peuvent se montrer inquiets, rappelons les dernières phrases d’Espérance de Winston avant son effacement. Ce sont ceux d’Orwell, qui s’est toujours présenté comme un socialiste très particulier, anti-totalitaire :

«D’une façon ou d’une autre, vous échouerez. Tôt ou tard, ils verront qui vous êtes et vous déchireront. La vie vous vaincra. Il y a quelque chose dans l’univers, je ne sais quoi, un esprit, un principe que vous n’abattrez jamais.»

#1984 : comment le roman de George Orwell s’oppose à la loi Renseignement

Dans le monde de 1984 , les individus sont obligés de vénérer Big Brother c’est-à-dire le chef du parti politique au pouvoir. Un livre qui dénonce les dérives d’un État tout puissant et totalitaire et qui s’appuie sur une “police de la pensée”.

www.francetvinfo.fr – publié le 10/06/2015 

Sur Twitter, le ministère de la Culture a célébré les 66 ans du roman de George Orwell, “1984”, avant de se rétracter. Coïncidence : la loi Renseignement adoptée au Sénat la veille.

10 juin 2015. Sur Twitter, le ministère de la Culture a célébré très tôt ce matin les 66 ans du roman de George Orwell, 1984 . Avant de se rétracter. Flou sur la date de sortie du livre ou vague de critiques, la cause est inconnue.

Reste que les opposants au projet de loi sur le renseignement adoptée la veille par le Sénat ont, eux, profité de l’occasion. Pour beaucoup d’internautes et même de personnalités politiques, le livre de George Orwell dépeint justement une société surveillée à outrance.

publié le 10/06/2015 

⚠️ Au nom de votre sécurité, vous serez tous filmés alors souriez ! ⚠️ A Amiens, des locataires accusent leur bailleur…

Pubblicato da Lanceur d'alerte. su Venerdì 11 ottobre 2019